indicateurs climatiques d’octobre 2016

Enfin une petite baisse de l’anomalie globale de température.

En effet, au 28 de ce mois, l’anomalie atteint 0.62°C (çà ne devrait plus bouger beaucoup), alors qu’on était à 0.68°C en septembre.

(anomalie définitive : 0.62°C)

Et ce n’est même plus un record puisqu’en 2015 octobre était à 0.77°C.

Certes tout cela n’empêchera pas 2016 d’exploser le compteur mais c’est une petite satisfaction.

Il faut se contenter de peu en ces temps de réchauffement.

Autre petite satisfaction l’anomalie suit toujours la prévision CE (0.64+-0.20°C).

Il est à noter une fois de plus, le grand poids des régions polaires qui avec 3.4°C et 3°C du nord au sud, tirent l’anomalie vers le haut.

Sans elles, elle serait de 0.32°C.

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eau précipitable comme traceur du réchauffement climatique?

 

L’eau précipitable (EP) est toute la vapeur d’eau contenue dans la colonne d’air susceptible de précipiter.

Elle est liée à l’humidité spécifique.

On peut donc dire que de façon approchée, à humidité relative et gradient vertical constants, l’EP est liée à la température de surface.

Et donc une méthode qui permet de déterminer la tendance de l’évolution de l’EP devrait permettre, d’estimer une tendance de l’évolution de la température globale.

 

Selon cette étude récente, 3 moyens de mesure de l’EP ont été utilisés entre 1979 et 2014.

Il s’agit de NCEP, des radiosondages, et de ECMWF.

Si NCEP et les radiosondages donnent une valeur proche de 0.6%/décennie, ECMWF, par contre, est très faible avec seulement 0.17%/décennie.

Si on considère la moyenne de ces 3 valeurs (comment en exclure une a priori), on obtient un trend positif de 0.45+-0.35%/décennie.

Il est à noter que les valeurs de l’étude sont bien inférieures à ce qu’on peut trouver dans l’AR4 (2007) soit 1.2%/décennie pour l’EP au dessus de l’océan.

 

En prenant le coefficient de 6.74% par °C, le trend en EP correspond à un trend de température de surface de 0.067+-0.052°C/décennie.

 

Cette valeur est à comparer au trend de la NOAA par exemple qui donne 0.148°C/décennie de 1979 à 2014.

On est loin du compte.

En considérant le maxi de la fourchette, on commence à titiller le 0.122°C/décennie de la basse troposphère (valeur RSS).

 

Si on considère la seule valeur résultant de mesures réelles, les radiosondages (ballons sondes), soit 0.57+-0.28%/décennie, on aboutit à un trend de température de 0.085+-0.041°C/décennie.

Soit, si on considère la médiane, une valeur bien inférieure aux trends de température de surface donnés par les différents organismes officiels chargés de nous renseigner sur l’évolution climatique.

 

Qu’en conclure?

 

Eh bien disons que cela ne conforte guère les révisions à la hausse effectuées par tous ces organismes concernant l’évolution de la température de surface, ni même les tendances elles-mêmes.

Cela conforterait par contre, d’avantage, les trends des température de la troposphère, tant celui de RSS que celui d’UAH.

S’il y a un découplage entre les trends d’eau précipitable et de température, il va falloir expliquer pourquoi.

Mais 0.085°C/décennie au lieu de 0.148°C/décennie, il va falloir aussi expliquer pourquoi…

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emballement?

Dans l’article précédent je dénonçais l’alarmisme outrageant de pure propagande qui commençait à déferler en préambule à la future COP22.

Bon pour la COP21 on avait déjà eu droit aux rectifications et autres « carlisations » des bases de données.

Ici, on passe un échelon supplémentaire.

Pourtant, les bases de données, même rectifiées par Carl, ne montrent pas d’emballement de la température.

Par exemple la base NASA-GISS (qui a repris sans moufter les données de SST « carlisées »)

Cette base permet de calculer les tendances à partir du 1er janvier 1976 jusqu’au 31 décembre 2013, soit avant les évènements chauds sus-cités, puis jusqu’au 31 août 2016, soit incluant ces mêmes évènements:

 

nasa1 nasa2

On voit tout de suite l’influence des évènements puisque la tendance augmente de 7%.

Et on voit également qu’on ne peut évidemment pas parler d’emballement de la température, d’emballement médiatique à la rigueur.

Pour l’anecdote, la moyenne des modèles CMIP5 (les derniers avant les prochains CMIP6 donc), donnent une tendance de 1976 à 2013, de 0.219°C/décennie, et, de 1976 à 2016, de 0.226°C/décennie.

Pour l’anecdote aussi, on notera que la tendance donnée par UAH donne 0.12°C/décennie de 1979 à 2016, et, du pic de 1998 au pic de 2016, un faramineux 0.025°C/décennie.

Sacré emballement!

Mais bon UAH est « inconvenient » car dirigée par un affreux sceptique.

Il va donc falloir faire un effort de « rectification » pour faire correspondre la réalité à ces modèles…

Allez, dépêchons un peu!

Bon il paraît que le successeur de Carl, à la NOAA, est encore meilleur dans cet exercice.

Il y a donc de l’espoir…

 

J’ajoute que si on fait des prévisions en utilisant la tendance actuelle soit environ 0.17°C/décennie, on serait en 2030 à 1.15°C par rapport au préindustriel (contre 1.5°C prophétisé dans l’article ci dessous) et à 1.5°C en 2050 (contre 2°C).

C’est déjà pas mal, pas la peine d’en rajouter.

Je rappelle aussi que je ne minore certainement pas les conséquences d’un tel réchauffement même à 1.5°C.

Et, plutôt que de bavasser sur des réductions d’émissions de GES très improbables et de toute façon insuffisantes, on ferait mieux de se pencher sur les solutions de géo ingénierie, seules capables de contrer efficacement le RC.

Mais là attention, tabou absolu!

Diable çà pourrait marcher, vous vous rendez compte?

Et puis çà ne va pas dans le sens de la boboécoloitude ambiante.

Celle qui ne s’occupe pas des vrais problèmes, comme la souffrance animale (pour ne citer que cet exemple qui me tient à coeur), mais qui préfère disserter entre soi, sans même faire l’effort d’analyse des problèmes qui troublent notre société.

 

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Alarmisme

Un exemple criant d’alarmisme concernant l’évolution climatique actuelle est donné par cet article du Figaro

Le préambule vaut son pesant de cacahuètes:

« À la veille de la nouvelle conférence sur le climat (COP 22) qui se tiendra du 7 au 18 novembre à Marrakech au Maroc, six climatologues s’inquiètent de la dérive que connaît la hausse des températures dans une tribune cosignée et publiée par l’ONG Universal Ecological Fund (FEU-US). Un texte de sept pages baptisé «la vérité sur le changement climatique». La hausse des températures sur la Terre s’accélère et «il est nécessaire de doubler, voire tripler les efforts» pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, alertent-ils. »

Donc d’obscurs climatologues nous sortent la « vérité sur le changement climatique ».

Fort bien.

Le document donné en lien est absolument « génial » en apportant des preuves « irréfutables » de « l’accélération du réchauffement ».

on vous assène par exemple que les évènements violents dépassent de très loin ce qui était prévu en vous donnant en lien le résumé pour décideurs de l’AR5 WG2.

Je n’ai rien vu de tel dans ce document.

Mais le pire est ce qu’ils osent dire sur la température en arguant du fait qu’il y a emballement parce que 2015 est à 1°C au dessus de la normale préindustrielle, en oubliant le fait que 2015 a été le siège d’un très fort épisode Niño.

Avant 2015, vous comprenez, on était à 0.85°C, donc, raisonnement de clampin moyen, 0.15°C en 3 ans c’est 0.5°C par décennie ou 5°C par siècle.

C’est sûr qu’avec de tels raisonnements, çà s’emballe.

Et de continuer en prophétisant 1.5°C en 2030, soit 15 ans après 2015, ce qui ferait une augmentation décennale de 0.33°C/décennie, et de 2°C en 2050, soit en 35 ans soit 0.29°C/décennie.

Rappelons qu’à la suite du Niño de 2014-2015-2016, on en est à 0.18°C/décennie.

C’est pratiquement un doublement qu’ils nous promettent, sans donner aucune preuve de ce qu’ils avancent.

Bref tout cela est nul, et ne fait pas avancer notre connaissance du climat d’un iota.

 

J’ajoute que tout ceci est du même tabac que la récente étude d’une dénommée C.W. Snyder, qui, en utilisant un nombre très réduit de proxies aboutit à la conclusion que la sensibilité climatique est de 9°C (de 7°C à 13°C) pour un doublement du CO2.

Je cite l’abstract:

 

« Reconstructions of the Earth’s past climate strongly influence our understanding of the dynamics and sensitivity of the climate system. Yet global temperature has been reconstructed for only a few isolated windows of time, and continuous reconstructions across glacial cycles remain elusive. Here I present a spatially weighted proxy reconstruction of global temperature over the past 2 million years estimated from a multi-proxy database of over 20,000 sea surface temperature point reconstructions. Global temperature gradually cooled until roughly 1.2 million years ago and cooling then stalled until the present. The cooling trend probably stalled before the beginning of the mid-Pleistocene transition (MPT), and pre-dated the increase in the maximum size of ice sheets around 900,000 years ago. Thus, global cooling may have been a pre-condition for, but probably is not the sole causal mechanism of, the shift to quasi-100,000-year glacial cycles at the MPT. Over the past 800,000 years, polar amplification has been stable over time, and global temperature and atmospheric greenhouse gas concentrations have been closely coupled across glacial cycles. A comparison of the new temperature reconstruction with radiative forcing from greenhouse gases estimates Earth system sensitivity of 9 degrees Celsius (7 to 13 degrees Celsius, 95% credible interval) change in GAST per doubling of atmospheric carbon dioxide over millennium timescales. This result suggests that stabilization at today’s greenhouse gas levels may already commit the Earth to an eventual total warming of 5 degrees Celsius (3 to 7 degrees Celsius, 95% credible interval) over millennium timescales as ice sheets, vegetation and atmospheric dust continue to respond to global warming. »

 

De plus, avec ce nous avons émis actuellement, nous serions destinés à avoir 5°C, certes dans très longtemps, même si on stabilisait.

Tout ceci est proprement ridicule ne serait-ce que par le fait que l’influence des inlandsis qui fondent, étant donnée leur latitude, est bien plus faible que les inlandsis des périodes glaciaires.

Eh oui, pourquoi serait-ce symétrique?

C’est d’ailleurs tellement ridicule que les membres du consensus se sont crus obligés de réagir, mais je dois dire très mollement et avec mansuétude…

Enfin bref, avant chaque COP, çà devient une habitude, les publications alarmistes de tous poils ainsi que les rectifications de bases de données dans le « bon sens », fleurissent.

C’est de la propagande, ni plus, ni moins.

 

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indicateurs climatiques de septembre 2016

Anomalie globale de température: 0.68°C par rapport à 1981-2010

précédent record en 2015 : 0.57°C

La chaleur du Niño de 2014-15-16, n’a pas fini de nous concerner pour de longs mois encore, tant qu’une bonne Niña ne nous aura pas apporté un peu de fraîcheur océanique.

On est donc en phase avec la prévision que je donnais il y a peu: 0.66 + 0.20°C.

Côté ENSO justement, on ne s’oriente toujours pas vers la Niña, quoiqu’on puisse observer un léger frémissement dans ce sens.

On verra bien…

 

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indicateurs climatiques d’août 2016

Bon, au 29 de ce mois la messe est dite.

Et août 2016 ne déroge pas à la règle, encore très chaud et constituant un record.

En effet, avec 0.61°C d’anomalie globale, il écrase le précédent record de 2015 de 0.12°C.

Pire encore l’anomalie ne cesse d’augmenter depuis juin où nous avions atteint un inespéré 0.51°C.

Cependant si vous avez bien lu l’article précédent   c’est tout à fait normal.

J’avais prévu 0.67+-0.20°C pour ce mois d’août et on sera vers 0.60°C.

La bouffée chaude du NIño de 2014-2015-2016 continue donc de faire sentir ses effets torrides sur le globe et il va falloir beaucoup de patience pour les voir s’estomper.

Surtout que, côté ENSO, les perspectives ne sont pas bonnes et j’ai bien peur qu’après une très légère fraîcheur océanique retrouvée dans le Pacifique équatorial, on se dirige vers un nouvel El Niño à partir de l’été 2017.

Espérons que non, car sinon, pauvre de nous….

 

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anomalie de 2016 simulée et autres considérations sur le hiatus et l’emballement…

Comme promis précédemment, une simulation de l’anomalie de température globale mensuelle.

Cette fois on tient compte des estimations de forçage externe, en plus de l’ENSO.

Il est cependant clair que les estimations de forçage externe en question sont par nature incertaines.

En effet, le problème du forçage, négatif, des aérosols, est toujours présent.

Ce forçage varie, selon les estimations, du simple au triple.

De plus la sensibilité climatique choisie, 3°C, médiane des résultats des modèles, est également très incertaine, puisque variant de 1.5°C à 4°C.

Mais bon, pour des estimations de température mensuelle, ces estimations sont suffisantes.

 

Voici tout d’abord les évolutions comparées, du 01/01/1997 au 31/07/2016, des anomalies calculées par climat évolution (CE) et par NCEP:

 

graphe4

Comme on peut le constater, si le modèle CE ne reproduit évidemment pas la finesse des variations calculées/mesurées par NCEP (au moyen, pour NCEP, d’un véritable modèle météorologique rafraîchi toutes les 6H par les mesures), les évolutions sont comparables.

 

Des évolutions aussi comparables permettent de se risquer à faire le calcul du résiduel (c’est-à-dire la variabilité climatique hors forçages externes et ENSO) et l’écart-type de ce résiduel.

On trouve un écart type de 0.126°C et on prendra arbitrairement comme incertitude 1.5 fois cet écart type.

Soit une incertitude arrondie à 0.20°C.

 

Concernant l’évolution choisie de l’ENSO jusqu’en fin 2016 elle correspond à ce que donnent les modèles soit un indice d’environ -0.6°C chaque mois depuis août à décembre.

 

Voici donc les estimations des anomalies mensuelles pour le reste de l’année 2016:

 

août : 0.67+-0.20°C

septembre: 0.66+-0.20°C

octobre: 0.64+-0.20°C

novembre:0.63+-0.20°C

décembre: 0.61+-0.20°C

 

voilà, ce n’est finalement pas très précis, mais dans l’état actuel c’est difficile de faire mieux.

 

Concernant l’année 2016, un travail identique nous donne une anomalie prévisionnelle de 0.70+-0.15°C par rapport à 1981-2010.

Inutile de dire que cela va constituer, très probablement, un nouveau record absolu de température globale.

Rappelons cependant que l’ENSO est responsable de 0.30°C environ, soit 40% de cette anomalie.

Si l’ENSO n’était pas là on aurait une anomalie de 0.40+-0.15°C en 2016.

 

 

Y a-t-il un rattrapage du réchauffement depuis le ralentissement précédent?

 

C’est une affirmation qu’on entend dans les milieux réchauffistes peu informés.

Cette affirmation fait suite au discours de certains sceptiques qui se glorifiaient du fait que le RC aurait subitement disparu.

Je dis bien « certains » car la majorité des scientifiques sceptiques spécialistes du climat savait bien qu’il n’en était rien.

Eh bien au risque de décevoir les réchauffistes cités plus haut, il n’y a en 2016 aucun rattrapage.

Voici ce que donnent les évolutions simulées avec et sans ENSO jusqu’en 2014.

 

graphe5

Les évolutions sont comparables et il n’y a rien de surprenant à voir un semblant de ralentissement à partir de 2001-2002 jusqu’en 2013-2014.

Voici maintenant les mêmes courbes mais jusqu’en 2016:

graphe6

Clairement, on est bien au dessus, en 2015 et 2016, de l’évolution sans ENSO.

Ce n’est pas un rattrapage mais bien un dépassement, ni plus, ni moins.

 

Bref,

Toute cette affaire de hiatus et maintenant d’emballement supposés est navrante à plus d’un titre.

D’un côté certains sceptiques qui exploitent une stagnation des températures pour affirmer que le RC est mort, de l’autre les membres du consensus qui, après quelques années, se réveillent de leur torpeur, mais hélas inventent des raisons plus ou moins farfelues pour expliquer pourquoi les températures stagnent.

Sans compter, comme on l’a souvent dit ici, les ajustements de données par les organismes dits officiels, surtout à l’approche d’une certaine COP21.

Bref, il vaut mieux sourire de tout cela et, profitons en, se garder de toute généralisation concernant un RC qui monterait par palier ou comme un escalier.

La lecture de ce blog devrait permettre de remettre un peu de raison dans ce domaine, enfin c’est le but.

Mais ne rêvons  pas.

 

 

 

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évolution récente de la température globale – influence de l’ENSO

On revient sur l’évolution récente de la température globale.

Comme vous le savez deux facteurs principaux, connus, influencent cette température.

Pour le long terme, c’est bien sûr le réchauffement climatique, et pour le court terme,  l’oscillation Niño du Pacifique équatorial.

Ajoutons toutefois que des oscillations de basse fréquence, comme l’AMO, la PDO et de haute fréquence, comme la NAO, d’autres sans doute moins connues ou à découvrir, les variations orbitales et d’activité solaire, les volcans, un certain aspect chaotique du climat, viennent se superposer à ces deux facteurs.

Il s’avère cependant que la prise en compte du réchauffement ainsi que de l’ENSO permet de simuler l’évolution de la température globale avec une précision surprenante.

 

Concernant l’ENSO, il s’agit plus généralement d’un phénomène qui transfère de la chaleur de l’océan profond à la surface.

 

On peut se le représenter schématiquement par les quelques schémas ci-dessous où les eaux chaudes centrées sur l’Equateur sont représentées comme il se doit, en rouge, en bleu les eaux plus froides.

 

schéma 1

Les eaux chaudes sont contenues, voire tassées, par la circulation atmosphérique.

Elles s’accumulent en profondeur au lieu de se répandre à la surface.

Si, pour une raison ou pour une autre, le forçage des vents se relâche,

schéma 2

 

une partie des eaux profondes remonte à la surface.

schéma 3

A chaleur égale, il y a ainsi augmentation, quelquefois très forte, de la température de surface au pro rata de la surface envahie.

Cette température de surface des océans se communique à l’atmosphère mais contribue également à réchauffer l’océan profond en dehors de la zone équatoriale.

 

En fin de compte la chaleur de surface excédentaire disparaît par rayonnement dans l’espace, mais au bout de pas mal de temps comme nous allons le voir plus bas.

 

 

Influence de l’ENSO sur la température globale

 

L’épisode Niño qui vient de se terminer et qui a commencé en début 2014 a été véritablement colossal.

 

graphe1

Il a provoqué une augmentation de la température globale de 0.5°C à 0.7°C environ.

Cette augmentation est équivalente à celle provoquée par le RC depuis près d’un siècle, c’est dire.

Le super Niño précédent avait provoqué une augmentation de l’ordre de 0.35°C.

Il ne fait donc guère de doute que le Nino 2014-2015 a été nettement plus puissant bien que son indice soit très légèrement supérieur.

 

 

simulation de l’épisode 2014-2015

 

En utilisant le modèle climat-évolution (CE) sans forçage externe, et en supposant que l’indice est nul à partir de juin et indéfiniment, la simulation donne l’évolution suivante:

 

graphe2

 

On obtient une augmentation globale de 0.5°C (proche de la mesure) et, comme on peut le constater, elle met très longtemps à baisser.

En décembre 2017, l’anomalie consécutive à l’ENSO, est encore de 0.35°C!

En août 2030, non représenté ici, elle est encore de 0.07°C!

Si on suppose un épisode Niña exactement symétrique du dernier Niño, suivant ce dernier, la température revient beaucoup plus vite et passe même en négatif à partir de février 2017.

 

graphe3

 

conclusion

 

A la lumière de ces simulations, on peut faire la remarque très importante qui suit.

Le super Niño 2014-2015 a profondément et durablement perturbé, pour des décennies, le climat du globe.

Sa trace devrait encore être décelable en 2030.

Seule une Niña aussi puissante que lui, ou plusieurs Niña modérées consécutives (comme en 1999-2000) pourraient faire revenir la température à la normale.

Les projections actuelles vont plutôt dans le sens d’un état neutre légèrement négatif tout d’abord puis positif.

Dans ces conditions, non seulement 2016 va battre tous les records de température mais 2017 sera bien placée également.

En ce sens, le RC va sembler avoir été boosté et requinqué par rapport à la stagnation dont il faisait l’objet auparavant.

Evidemment, il n’en est rien.

Le RC n’est pour rien dans cette augmentation brutale, sauf à considérer qu’il est lui-même à l’origine de ce super Niño.

Non, la stagnation de la température entre 2000 et 2013, sans cesse minorée par les « modifications » des bases de données,  avait une origine bien précise et le coup de boost actuel pareillement.

Nous verrons dans un prochain article une simulation tenant compte des estimations de forçage externe afin de déterminer l’avenir immédiat de l’anomalie globale de température.

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indicateurs climatiques de juillet 2016

Rebond de la température globale au cours de ce mois de juillet 2016.
En effet, contrairement à mes prévisions trop optimistes établies en juin, prévisions qui indiquaient une anomalie de seulement 0.30°C, la valeur atteinte a été de 0.56°C.

Ceci constitue un nouveau record de température (précédent juillet 2011 avec 0.39°C).

Ces anomalies sont issues de la reconstruction NCEP par rapport à la moyenne 1981-2010.

En fait par rapport aux calculs simplifiés qu’on peut faire, cette valeur est en phase avec les conséquences de la formidable bouffée chaude, occasionnée notamment par l’oscillation ENSO de 2014-2015.

Nous reverrons ceci dans un prochain article.

Côté ENSO justement, il se confirme que si l’épisode Nino est bien terminé, la Niña tant espérée par certains, ne sera pas au rendez-vous et laissera la place à une phase neutre légèrement négative.

En l’absence d’une forte Niña, comparable en valeur absolue au Niño précédent, une partie de la chaleur acquise par la surface va perdurer et l’anomalie de température va continuer à battre des records, certes moins forts que les mois précédents.

Evidemment, dans ces conditions, il ne faut pas être grand clair pour prévoir une année 2016 qui va exploser le record de température.

Rappelons cependant que tout ceci n’a, à priori, pas grand chose à voir avec le réchauffement climatique de long terme.

 

 

 

0716 ncep

 

Anomalie de la basse troposphère selon RSS:

 

0716 rss

 

Nino 34:

 

0716 nino34

 

température sous la surface Pacifique tropical:

 

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prévisions modèles ENSO:

 

0716 models

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indicateurs climatiques de juin 2016

La baisse de l’anomalie de température globale continue, en phase (léger décalage) avec la disparition de la formidable vague de chaleur d’un épisode Niño qui a commencé en 2014.

Avec 0.51°C, l’anomalie globale constitue toujours un record (précédent 0.39°C en juin 2014) mais dans des proportions plus raisonnables qu’en début d’année.

A noter qu’on est dans la fourchette de prévision que je donnais le mois dernier (0.45+0.08°C) mais tout juste quand même.

En effet, alors que la température baissait régulièrement sur le globe au cours du mois, un regain de chaleur s’est produit en fin de mois, se poursuivant en ce début juillet.

Côté ENSO, les modèles n’indiquent pas qu’on aille vers une Niña bien franche, plutôt vers un état neutre un peu négatif au cours de ces prochains mois.

Il va donc être difficile de se débarrasser de cette chaleur acquise au cours de 2015/2016, mais espérons au moins un répit.

L’anomalie de la basse troposphère, selon RSS (et surtout UAH), suit l’anomalie de surface.

C’est surtout du côté des tropiques que la baisse est abrupte.

Pour juillet, on aura beaucoup de mal à atteindre les 0.30+-0.08°C que je prévoyais le mois dernier, parti comme on est parti.

On suivra çà.

 

0616 ncep

 

anomalie de basse troposphère:

0616 rss

 

 

anomalie zone Niño34:

 

0616 nino34

 

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