indicateurs climatiques de juillet 2017

L’anomalie de ce mois de juillet 2017, selon NCEP, a augmenté légèrement par rapport au mois dernier.

Avec 0.45°C d’anomalie globale, ce mois est le 2ème mois de juillet le plus chaud de la base NCEP devant 2011 (0.39°C) et derrière 2016 (0.56°C).

La répartition latitudinale ne présente pas de grandes disparités:

HN: 0.56°C

HS:0.34°C

Arctique:0.22°C

tropiques 0.40°C

Antarctique:-0.23°C

L’anomalie NASA-GISS, estimée  pour ce mois, s’élève à 0.39°C.(estimation suivant corrélation NCEP/NASA-GISS)

Ceci permet de compléter la comparaison entre les anomalies calculées par le logiciel climat-evolution et NASA-GISS:

Comme on le voit cette correspondance est toujours excellente mais il faut toutefois noter un léger excès (0.05°C) de NASA-GISS par rapport à CE en moyenne depuis le début de l’année.

C’est à surveiller.

 

Les anomalies de température de surface de l’océan (SST) se sont élevées à environ 0.31°C par rapport à 1981-2010 selon CDAS:

A noter la brutale augmentation en fin de mois.

Les anomalies journalières globales (terres+océans), selon NCEP, ont fortement augmenté la dernière semaine du mois:

Rappelons qu’il s’agit ici des températures de l’air à 2m au dessus de la surface, calculées par un modèle météo.

L’oscillation El Niño est restée neutre à 0.5°C d’indice environ:

 

Elle est prévue baisser légèrement mais rester neutre par la suite:

 

On peut ainsi établir une prévision de 0.45°C pour août 2017 et pour les autres mois de l’année.

La moyenne de l’année 2017 s’élèverait ainsi à 0.44°C, ce qui ferait de cette année 2017 la 3ème plus chaude après 2016 (0.66°C) et 2015 (0.46°C).

Néanmoins la déjà forte moyenne depuis le début d’année selon NCEP, soit 0.53°C, entraînerait, pour vérifier ce pronostic, que les 5 derniers mois soient inférieurs à 0.36°C en moyenne.

Il n’y a pas de raison objective pour que cela se produise, mise à part la variabilité climatique hors Niño qui a déjà agi dans un sens.

Alors pourquoi pas dans l’autre?

Cela étant dit, nous suivrons avec intérêt le reste de l’année et un écart trop grand avec le modèle pourrait signifier que quelque chose nous échappe.

 

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risque fort de dépasser 3°C à la fin du 21ème siècle

Selon cette étude parue dans Nature climate change, il n’y aurait que 5% de chances de rester en dessous de 2°C d’augmentation de température depuis l’ère préindustrielle.

Abstract

« Les projections du Groupe intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC) récemment publiées, donnent des fourchettes probables d’augmentation de la température mondiale en 2100 dans quatre scénarios pour la population, la croissance économique et l’utilisation du carbone.

Toutefois, ces projections ne reposent pas sur une approche entièrement statistique. Nous utilisons ici une version spécifique de l’identité de Kaya pour élaborer une prévision probabiliste statistiquement basée sur les émissions de CO2 et le changement de température en 2100.

En utilisant les données pour 1960-2010, y compris les projections démographiques probabilistes de l’ONU pour tous les pays, nous développons un modèle hiérarchique bayésien conjoint pour le produit intérieur brut (PIB) par habitant et l’intensité du carbone. Nous constatons que l’intervalle de 90% pour les émissions cumulatives de CO2 comprend les deux scénarios intermédiaires du GIEC, mais pas les extrêmes.

La gamme probable d’augmentation de la température à l’échelle mondiale est de 2,0 à 4,9°C, avec une médiane de 3,2°C et une probabilité de 5% (1%) qu’elle soit inférieure à 2°C (1,5 ° C). La croissance de la population n’est pas un facteur majeur. Notre modèle n’est pas un scénario «Business As Usual», mais plutôt basé sur des données qui montrent déjà l’effet des politiques d’atténuation des émissions. Pour atteindre le but d’un réchauffement inférieur à 1,5 ° C, l’intensité du carbone devrait diminuer beaucoup plus rapidement que dans le passé récent. »

 

Voilà, on s’en doutait bien sûr mais cette étude étaye, scientifiquement, nos doutes concernant la réalisation de cet objectif des 2°C.

Les auteurs n’ont pas utilisé un scénario BAU mais intégré des efforts d’atténuation des émissions de GES.

On peut en tirer la conclusion que, si on se contente d’accords type COP21, on aura de « bonnes chances » de finir le siècle à plus de 3°C

On peut donc continuer à faire l’autruche auto satisfaite (et savante) en se contentant  de demi mesures pour éviter de monter trop haut.

Ou alors se lancer, comme préconisé souvent ici, dans des opérations de géo ingénierie à grande échelle.

A condition aussi d’un effort décuplé dans le domaine nucléaire (au sens large c’est à dire incluant des énergies « nouvelles ») afin de se passer enfin des carburants fossiles à des fins énergétiques.

On prend, actuellement, le chemin inverse.

On développe les énergies renouvelables basées sur l’énergie solaire en occultant le fait qu’elles sont par nature intermittentes et qu’elles doivent être soutenues par des centrales à charbon comme en Allemagne, en Chine ou en Inde.

Et, un peu partout, on réduit la part du nucléaire en omettant que cette industrie a besoin d’un effet de masse pour se développer et même simplement perdurer.En agissant de la sorte on la fragilise et on favorise ainsi, involontairement,les accidents.

Mais restons confiants, actuellement la géo ingénierie est décriée, comme une atteinte intolérable à la nature, comme contraire à l’éthique.

Comme si l’éthique à la mode consistait à accepter de dépasser 3°C en 2100…

Non, la géo ingénierie, un jour ou l’autre, s’imposera comme la seule solution pour réellement stabiliser le climat pendant les quelques siècles où notre « trace fossile » subsistera.

 

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indicateurs climatiques de juin 2017

Enfin un mois qui revient dans des valeurs acceptables au point de vue température globale.

L’anomalie s’est en effet élevée à 0.38°C, ce qui est certes encore très haut, mais bien loin du 0.91°C de février 2016, en plein El Niño.

Juin 2017 se place tout de même en 3ème position derrière 2016 (0.51°C) et 2013 (0.39°C) juste devant 2005 et 1998 (0.37°C), mais en 51ème tous mois confondus.

Notons, qu’à part 2013, toutes les années précitées étaient des années Niño, ce qui n’est pas le cas de 2017, bien que l’indice Niño de ce mois soit de 0.55°C environ, soit neutre mais bien positif quand même.

Ce 0.55°C implique une augmentation de température globale de 0.04°C environ.

Côté pôles cela s’est fortement amélioré puisque l’Arctique est à 0.25°C et surtout l’Antarctique à -0.85°C.

Les banquises, malheureusement, sont toujours dans l’état où les ont laissé les formidables anomalies hivernales pour l’Arctique et estivales pour l’Antarctique.

Bref, il semble que la colossale vague de chaleur qui s’est abattue sur le globe de 2015 à 2016, soit enfin derrière nous.

Cette anomalie de ce mois vient confirmer le fait que, contrairement à certains discours alarmistes, il n’y a pas d’accélération incontrôlée du réchauffement climatique.

Ceci dit, il est toujours bien là et plus que jamais…

 

 

 

 

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de la fiabilité des modèles de prévision de l’ENSO

L’ENSO (El Niño Southern Oscillation) est le phénomène le plus important qui influence  la variabilité climatique annuelle (à raison de 75% environ).

On l’a vu récemment avec l’épisode Niño 2015/2016 qui a fait bondir l’anomalie annuelle de plus de 0.2°C.

Sans compter les variations régionales bien plus fortes en terme de température et de précipitations.

En conséquence, la prévision de ce phénomène revêt une importance considérable.

Le moins qu’on puisse dire est que les modèles numériques utilisés, pour prédire telle ou telle phase de cette oscillation, et son amplitude, sont encore assez loin d’être au point, en particulier lorsque leur initialisation a lieu au printemps.

En témoignent ces deux graphiques issus du bureau australien de météorologie (BoM), à seulement deux mois d’intervalle, pour prévoir, par exemple, l’état de l’ENSO en juillet 2017.

Tout d’abord celui du 16 avril qui prévoyait (moyenne des modèles) un léger Niño:

 

puis celui du 16 juin 2017 qui ne prévoit plus qu’une situation neutre:

 

Sans parler du résultat de certains modèles individuels, comme celui du BoM par exemple, ou l’écart d’indice est de l’ordre de -1°C entre prévisions de juin et d’avril.

Ce fait est connu et constitue en quelque sorte une piqure de rappel pour ceux qui ont une trop grande foi dans les modèles de prévisions à moyen terme.

Pourtant, si on revient à l’ENSO et si on écoute les experts, ce phénomène est parmi les plus connus.

Néanmoins les variables qui influent sur une mécanique qui fait intervenir les océans et l’atmosphère semblent trop nombreuses pour que les modèles actuels soient capables de nous pondre une prévision fiable.

Il en est de même pour les modèles de prévision saisonnière qui ont un taux de réussite aussi bon qu’un simple jet de dés.

Ceci veut donc dire qu’on ne sait pas prévoir ce qui semble comporter une certaine dose de chaos.

Je dis bien « semble » car comment déceler ce qui relève du vrai chaos, au sens mathématique du terme, de ce qui peut être déterminé par un certain nombre de paramètres?

Mais tout ceci peut-il nous faire douter de l’inéluctabilité du réchauffement climatique d’origine anthropique?

Probablement pas, mais en tout cas, de son amplitude et de son déroulement, peut-être.

Le climat est chaotique, certes, mais pas au point de nous faire hésiter une seconde sur le fait qu’en Europe, il fait nettement plus froid en hiver qu’en été, ou même, plus trivialement, que si on chauffe de l’eau, il est assez rare, hum, qu’elle gèle…

 

 

 

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indicateurs climatiques de mai 2017

L’anomalie globale de température s’est élevée par rapport au mois précédent.

En effet, avec 0.525°C par rapport à la norme 1981-2010, selon la réanalyse NCEP, ce mois est le deuxième le plus chaud derrière mai 2016 (0.596°C) mais devant mai 2014 (0.44°C).

 

On n’en a donc pas fini avec ce blip chaud qui nous affecte depuis mi-2015.

La simulation de climat-evolution (CE) qui tient compte des forçages tels que définis dans les RCP et qui prend en compte, en guise de variabilité, uniquement l’ENSO, donne une valeur de 0.44°C.

On est dans le domaine d’erreur établi à plus ou moins 0.20°C autour de cette valeur centrale.

Il est surprenant de constater que l’hémisphère nord s’est comporté de façon presque normale (0.37°C) avec un Arctique enfin assagi (0.18°C) alors que l’hémisphère sud a surchauffé à 0.69°C avec un Antarctique bouillant (3.42°C).

Un tel comportement peut surprendre en effet quand on sait que l’hémisphère sud présente une inertie thermique plus importante que son voisin du nord du fait de ses étendues océaniques énormes.

Ceci dit ce sont des températures de l’air qui sont données ici, pas vraiment les températures de surface de l’océan (SST).

Du côté de ces dernières on peut estimer l’anomalie globale vers 0.35°C (voir courbe ci-dessous), ce qui sous entend une anomalie des terres de 1°C, ce qui est considérable.

 

L’oscillation du Pacifique équatorial est restée neutre mais assez nettement positive tout de même.

Les prévisions nous indiquent qu’elle devrait rester dans les mêmes eaux jusqu’à la fin de l’année.

On ne devrait donc pas atteindre les sommets de 2016, côté température mais on sera sans doute supérieur à 2015.

Est-il besoin de parler des banquises?

Oui?

Eh bien ce n’est pas brillant et la banquise arctique a beaucoup de mal à se remettre d’une anomalie chaude jamais mesurée jusqu’à maintenant, au point de vue amplitude et durée, qui a affecté l’Arctique depuis plusieurs années sans qu’on en comprenne vraiment la raison.

Si donc la situation semble se calmer au nord, elle se dégrade fortement côté antarctique où la banquise flirte avec ses plus bas.

On se reportera au site du NSIDC pour de plus amples informations à ce sujet.

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indicateurs climatiques d’avril 2017

D’après les dernières données NCEP (à confirmer car il s’agit d’un calcul personnel), l’anomalie globale de température pour ce mois d’avril 2017 s’élève à 0.48°C au dessus de la moyenne 1981-2010.

 

C’est bien sûr encore élevé, mais bien moins que le mois précédent (0.67°C) et bien moins que la moyenne de 2016 (0.66°C).

On revient proche de la moyenne de 2015 (0.46°C), qui, ne l’oublions pas, est la deuxième plus chaude de l’histoire des mesures.

Ma propre simulation indiquant 0.45+-0.20°C, je suis plutôt dans les clous.

J’aurais tendance à dire que c’était les deux mois précédents, février et mars, qui étaient très anormaux avec 0.65°C et  0.67°C surtout par rapport à ma simulation (0.42 et 0.44°C).

Bien sûr, la variabilité mensuelle peut expliquer tout çà mais on peut se demander s’il n’y a pas autre chose.

Pour les mois prochains, les avis sont partagés sur l’évolution de l’ENSO.

On irait plutôt vers une neutralité très positive que vers un Niño franc.

L’anomalie globale devrait, en conséquence, évoluer dans la même zone, soit entre 0.4 et 0.5°C.

 

 

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2016 année record, oui mais pas pour la chaleur océanique

Du moins si on en croit les données, actuelles, de la NOAA.

annuelle-de-2005-a-2016

Et même cela a baissé franchement, du moins de 0 à 2000m, et on imagine mal la chaleur disparue dans les abysses aussi soudainement.

Ceci confirme bien que le record de température de surface en 2016 provient d’un échange océanique entre le fond et la surface de l’océan.

Echange d’une ampleur inégalée dans la période considérée (2005-2016).

Il ne vient donc probablement pas d’une quelconque accélération du RC mais bien d’une oscillation climatique très puissante.

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