indicateurs climatiques de juin 2021

L’anomalie globale de température de juin 2021 s’élève à 0.19°C selon NCEP, par rapport à la moyenne 1981-2010.

Cette anomalie, relativement faible, place ce mois en 18ème position des plus chauds mois de juin depuis 1948.

régionalement:

HN: 0.38°C

HS: 0.00°C

Arctique: 0.18°C

tropiques: 0.14°C

Antarctique: -1.04°C

On notera le « dôme de chaleur » tant commenté ces derniers temps au nord-ouest de l’Amérique du Nord.

Sans minimiser cet évènement assez effroyable, si on ne regarde que la température moyenne, on ne constate pas d’anomalie importante sur l’hémisphère nord à 0.40°C seulement au dessus de la moyenne 1981-2010, et on peut même observer un retour à la normale en Arctique.

En ce qui concerne l’anomalie de janvier à juin, celle de 2021 est plutôt basse dans le contexte actuel, à 0.24°C et à la 14ème place des plus chaudes.

La tendance décennale est de 0.176°C, ce qui est conforme à la tendance de fond du réchauffement climatique, sans accélération donc.

Il est à noter que l’anomalie plutôt raisonnable de ce début d’année est obtenue dans un contexte de faible Niña à neutre (moyenne indice nino34 à -0.5).

Ce -0.5 influence l’anomalie globale de -0.04°C, seulement.

Je ne parlerai pas en détail des banquises.

Il faut savoir simplement que côté Arctique on est très proche du minimum de 2012, et côté Antarctique, proche de la moyenne 1981-2010, voir NSIDC pour plus d’infos.

PS du 08/07/2021: résultats Copernicus: anomalie globale à 0.39°C (4ème plus chaud) très différente de celle de NCEP

source données

NCEP: https://psl.noaa.gov/data/composites/day/

Copernicus:https://climate.copernicus.eu/surface-air-temperature-june-2021

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La Terre se réchauffe de plus en plus (fort*), vraiment ?

Si on applique un forçage radiatif sur un objet, les caractéristiques thermiques de cet objet en sont, naturellement, affectées.

Pour une planète, supposée en équilibre thermique initial, l’application d’un forçage fait varier sa température.

Une partie de l’énergie est renvoyée vers l’espace tandis que l’autre est absorbée par le système climatique jusqu’à atteindre un nouvel état d’équilibre.

Dans le cas de la Terre, composée de 70% d’océans, on peut considérer que la fraction absorbée est de 90%.

Ceci correspond à un flux de chauffage qui varie, plus ou moins, au cours du temps.

Mais comment évolue ce flux ?

Dans ce cadre, une étude récente de Loeb and co, l’évalue de deux manières différentes.

La première par satellite en mesurant les flux TOA ( Top of Atmosphere) tant en rayonnement visible qu’en infrarouge.

La seconde, in situ, principalement par la mesure de la chaleur captée par les 2000 premiers mètres d’océan et en ajoutant les estimations de chaleur de l’océan plus profond, de chaleur captée par la fonte des glaces, par l’atmosphère, etc.

Le résultat de l’étude indique que le flux de chauffage, de 2005 à 2019, augmenterait significativement que ce soit par mesure directe des flux TOA et par mesure in situ.

voici la courbe de l’étude du flux radiatif:

Critique

Concernant la mesure des flux radiatifs TOA, c’est toujours le même problème de la précision des mesures et de l’erreur résultante.

Comment, en effet, donner des résultats à 0.1W/m2 près, alors que les mesures sont réalisées lors de milliers d’orbites satellitaires sur plusieurs longueurs d’onde, et surtout en mesurant des flux de plusieurs centaines de w/m2.

Cela fait une erreur d’environ 1 pour mille, ce que n’importe quel scientifique objectif ne peut admettre facilement.

Concernant la mesure in situ, j’ai calculé, à partir des données NODC (NOAA), le flux de chauffage océanique par différence de chaleur moyenne annuelle divisée par la durée en secondes et la superficie terrestre. Puis j’ai ajouté à chaque valeur le reste R, minoritaire, estimé par Loeb.

La courbe d’évolution du flux global est significativement différente de la courbe ci-dessus et donne même une tendance inverse.

La différence provient principalement, à mon sens, d’un « retravail » (dont je ne remets pas en cause l’honnêteté) des données océaniques par Loeb, il est sans doute spécialiste de ce genre de chose, mais ceci n’explique pas le désaccord en tout début de courbe.

Elle provient aussi du fait que j’ai utilisé les données de l’année 2020, en stagnation relative par rapport à 2019.

De plus je n’explique pas le lissage des données de Loeb.

Bref, cette étude de Loeb me semble ne pas correspondre aux données dont je dispose.

Si j’en apprends d’avantage j’en ferai part ici.

(*) « la Terre se réchauffe de plus en plus », oui, mais pas de plus en plus fort, du moins ce n’est pas prouvé par Loeb.

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indicateurs climatiques de mai 2021

Après une longue interruption, voici les indicateurs climatiques du moi de mai 2021.

L’anomalie de température globale, par rapport à la moyenne 1981-2010, est de 0.38°C selon NCEP (9ème plus chaud),et de 0.40°C selon NASA-GISS.

La correspondance est donc très bonne entre les deux organismes.

Régionalement:

HN 0.48°C

HS 0.30°C

Arctique: 1.69°C

tropiques 0.27°C

Antarctique 0.73°C

On notera un Arctique toujours très anormal.

Depuis 40 ans, l’anomalie augmente de façon, somme toute, relativement régulière:

La tendance linéaire est assez forte, égale à 0.196°C/décennie.

Néanmoins, après l’augmentation importante due à ces dernières années, la tendance semble se calmer quelque peu (courbe rouge).

Les variations sont toujours rythmées par les oscillations de l’ENSO et par les éruptions volcaniques, notamment celle du Pinatubo en 1992.

Depuis le second semestre l’ENSO s’étage du légèrement négatif (Niña faible) au neutre.

La situation future ne montre pas de tendance à un El Niño et resterait dans la neutralité, plutôt toujours légèrement négative.

Il ne faut donc pas s’attendre, pour les prochains mois, à une poussée de fièvre quelconque.

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indicateurs climatiques de décembre 2019: du 1 au 15

Anomalie de température globale selon NCEP par rapport à la moyenne 1981-2010: 0.73°C

edit du 04/01/2020: anomalie de 0.66°C pour le mois complet, soit en 2ème place derrière 2015.

Pour l’année l’anomalie atteint 0.56°C ce qui place 2019 au deuxième rang des années les plus chaudes derrière 2016 (0.66°C).

(edit du 27/12: anomalie égale à 0.69°C au 25 du mois.)

Dans le détail:

HN: 1.01 °C

HS: 0.45 °C

Arctique: 2.24°C

tropiques: 0.51°C

Antarctique: 1.40°C

sans les pôles: 0.60°C

L’anomalie de température est donc très élevée malgré des conditions neutres dans le Pacifique équatorial.

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indicateurs climatiques de novembre 2019

(définitif)

anomalie de température globale selon NCEP par rapport à 1981-2010: 0.58°C

Dans le détail:

HN: 0.73 °C

HS: 0.43 °C

Arctique: 2.30°C

tropiques: 0.50°C

Antarctique: 1.14°C

sans les pôles: 0.44°C

Mois anormalement chaud, en 3ème position des novembre les plus chauds derrière 2015 et 2016.

Notons que même sans les pôles, l’anomalie reste très forte, en 2ème position derrière 2015.

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indicateurs climatiques: du 15 au 21 novembre 2019

 

anomalie de température globale selon NCEP par rapport à 1981-2010: 0.56°C

Dans le détail:

HN: 0.72 °C

HS: 0.41 °C

Arctique: 3.72°C

tropiques: 0.48°C

Antarctique: 0.40°C

 

global sans les pôles: 0.37°C

 

L’anomalie globale du 1 au 21 s’élève à 0.57°C, sans les pôles à 0.44°C.

 

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Responsabilité du traitement des aérosols dans la très forte sensibilité climatique des CMIP6

Selon cet article, la nouvelle façon de traiter l’effet des aérosols sur le climat, notamment par leur action sur la microphysique des gouttelettes constituant les nuages, serait suspectée être la responsable principale de la forte augmentation de sensibilité climatique des CMIP6 par rapport aux CMIP5.

Du moins en ce qui concerne le modèle utilisé par les auteurs mais cela pourrait être également le cas pour d’autres modèles.

Si cela est le cas, on peut être dubitatif en s’appuyant sur le fait que les variations de température simulées dans l’hémisphère nord, où les émissions d’aérosols ont le plus varié, sont très différentes des observations après 1980 environ.

Voir ce graphique déjà publié dans un article récent.

Affaire à suivre bien sûr.

Comme suggéré par un lecteur on pourra lire un post très intéressant de Gavin Schmidt sur Realclimate concernant ces nouveaux CMIP6.

Il me semble également assez dubitatif, mais ce n’est qu’une impression.

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indicateurs climatiques: du 8 au 14 novembre 2019

anomalie de température globale selon NCEP par rapport à 1981-2010: 0.45°C

Dans le détail:

HN: 0.54 °C

HS: 0.37 °C

Arctique: 1.76°C

tropiques: 0.50°C

Antarctique: 0.84°C

 

global sans les pôles: 0.35°C

 

L’anomalie globale du 1 au 14 s’élève à 0.58°C, sans les pôles à 0.47°C.

 

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indicateurs climatiques: du 1 au 7 novembre 2019

 

anomalie de température globale selon NCEP par rapport à 1981-2010: 0.71°C

HN: 0.89°C

HS: 0.52°C

Arctique: 1.56°C

tropiques: 0.55°C

Antarctique: 1.80°C

anomalie sans les régions polaires: 0.60°C

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Deux nouveaux modèles climatiques…

Anglais cette fois mais les conclusions sont les mêmes que celles des modèles français, à savoir une sensibilité climatique revue très fortement à la hausse.

Il s’agit du UKESM1 et du GFDL’s CM4.0.

Plutôt que de faire un résumé je vous invite à lire les « abstract ».

D’emblée on peut dire que cette génération de modèles est plus complexe que la précédente, le contraire eut été étonnant.

Mais il est bon de revenir sur ce passage du premier abstract:

« Overall the model performs well, with a stable pre‐industrial state, and good agreement with observations in the latter period of its historical simulations. However, global mean surface temperature exhibits stronger‐than‐observed cooling from 1950 to 1970, followed by rapid warming from 1980 to 2014.  »

Donc on dit d’abord qu’il y a un bon accord entre le modèle et les observations mais après, eh bien,  en fait non!

Ce graphique, issu de leur texte, est encore plus parlant:

Le bleu c’est le modèle, le noir les observations issues de HadCRUT4.

De 1975 à 2014 (d’ailleurs pourquoi s’arrêter en 2014?) on peut évaluer à 0.30°C par décennie la tendance du modèle.

Si on prend NASA-GISS par exemple, qui est plus global que HadCRUT4, la tendance est de 0.17°C/décennie.

On peut donc dire que le modèle voit un réchauffement presque deux fois plus fort que la réalité.

Tu parles d’un « matching »!

Bon, nos amis du MetOffice, qui ont créé ce chef d’oeuvre, indiquent une sensibilité climatique rien moins que 5.4 °C.

Si on ose une règle de trois au regard des tendances, la sensibilité serait plutôt de l’ordre de 3°C.

Je ne vais pas gloser d’avantage car il y a sans doute des choses très intéressantes en dehors de la conclusion finale.

Mais on pourra s’étonner que différents labos, chacun dans leur coin (mais est-ce vrai qu’ils sont chacun dans leur coin?) nous trouvent maintenant des sensibilités du climat qui dépassent, de loin, la valeur la plus haute de la fourchette indiquée dans l’AR5 (de 1.5 à 4.5°C).

Enfin ne soyons pas complotistes, c’est très mal vu.

Mais à ce rythme on peut penser que les CMIP7, les CMIP8, etc., vont nous trouver des sensibilités de 7, 10°C ou plus (?).

Mais dans ce cas, et si c’est vrai, eh bien, on est foutus!

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