indicateurs climatiques de juin 2017

Enfin un mois qui revient dans des valeurs acceptables au point de vue température globale.

L’anomalie s’est en effet élevée à 0.38°C, ce qui est certes encore très haut, mais bien loin du 0.91°C de février 2016, en plein El Niño.

Juin 2017 se place tout de même en 3ème position derrière 2016 (0.51°C) et 2013 (0.39°C) juste devant 2005 et 1998 (0.37°C), mais en 51ème tous mois confondus.

Notons, qu’à part 2013, toutes les années précitées étaient des années Niño, ce qui n’est pas le cas de 2017, bien que l’indice Niño de ce mois soit de 0.55°C environ, soit neutre mais bien positif quand même.

Ce 0.55°C implique une augmentation de température globale de 0.04°C environ.

Côté pôles cela s’est fortement amélioré puisque l’Arctique est à 0.25°C et surtout l’Antarctique à -0.85°C.

Les banquises, malheureusement, sont toujours dans l’état où les ont laissé les formidables anomalies hivernales pour l’Arctique et estivales pour l’Antarctique.

Bref, il semble que la colossale vague de chaleur qui s’est abattue sur le globe de 2015 à 2016, soit enfin derrière nous.

Cette anomalie de ce mois vient confirmer le fait que, contrairement à certains discours alarmistes, il n’y a pas d’accélération incontrôlée du réchauffement climatique.

Ceci dit, il est toujours bien là et plus que jamais…

 

 

 

 

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de la fiabilité des modèles de prévision de l’ENSO

L’ENSO (El Niño Southern Oscillation) est le phénomène le plus important qui influence  la variabilité climatique annuelle (à raison de 75% environ).

On l’a vu récemment avec l’épisode Niño 2015/2016 qui a fait bondir l’anomalie annuelle de plus de 0.2°C.

Sans compter les variations régionales bien plus fortes en terme de température et de précipitations.

En conséquence, la prévision de ce phénomène revêt une importance considérable.

Le moins qu’on puisse dire est que les modèles numériques utilisés, pour prédire telle ou telle phase de cette oscillation, et son amplitude, sont encore assez loin d’être au point, en particulier lorsque leur initialisation a lieu au printemps.

En témoignent ces deux graphiques issus du bureau australien de météorologie (BoM), à seulement deux mois d’intervalle, pour prévoir, par exemple, l’état de l’ENSO en juillet 2017.

Tout d’abord celui du 16 avril qui prévoyait (moyenne des modèles) un léger Niño:

 

puis celui du 16 juin 2017 qui ne prévoit plus qu’une situation neutre:

 

Sans parler du résultat de certains modèles individuels, comme celui du BoM par exemple, ou l’écart d’indice est de l’ordre de -1°C entre prévisions de juin et d’avril.

Ce fait est connu et constitue en quelque sorte une piqure de rappel pour ceux qui ont une trop grande foi dans les modèles de prévisions à moyen terme.

Pourtant, si on revient à l’ENSO et si on écoute les experts, ce phénomène est parmi les plus connus.

Néanmoins les variables qui influent sur une mécanique qui fait intervenir les océans et l’atmosphère semblent trop nombreuses pour que les modèles actuels soient capables de nous pondre une prévision fiable.

Il en est de même pour les modèles de prévision saisonnière qui ont un taux de réussite aussi bon qu’un simple jet de dés.

Ceci veut donc dire qu’on ne sait pas prévoir ce qui semble comporter une certaine dose de chaos.

Je dis bien « semble » car comment déceler ce qui relève du vrai chaos, au sens mathématique du terme, de ce qui peut être déterminé par un certain nombre de paramètres?

Mais tout ceci peut-il nous faire douter de l’inéluctabilité du réchauffement climatique d’origine anthropique?

Probablement pas, mais en tout cas, de son amplitude et de son déroulement, peut-être.

Le climat est chaotique, certes, mais pas au point de nous faire hésiter une seconde sur le fait qu’en Europe, il fait nettement plus froid en hiver qu’en été, ou même, plus trivialement, que si on chauffe de l’eau, il est assez rare, hum, qu’elle gèle…

 

 

 

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indicateurs climatiques de mai 2017

L’anomalie globale de température s’est élevée par rapport au mois précédent.

En effet, avec 0.525°C par rapport à la norme 1981-2010, selon la réanalyse NCEP, ce mois est le deuxième le plus chaud derrière mai 2016 (0.596°C) mais devant mai 2014 (0.44°C).

 

On n’en a donc pas fini avec ce blip chaud qui nous affecte depuis mi-2015.

La simulation de climat-evolution (CE) qui tient compte des forçages tels que définis dans les RCP et qui prend en compte, en guise de variabilité, uniquement l’ENSO, donne une valeur de 0.44°C.

On est dans le domaine d’erreur établi à plus ou moins 0.20°C autour de cette valeur centrale.

Il est surprenant de constater que l’hémisphère nord s’est comporté de façon presque normale (0.37°C) avec un Arctique enfin assagi (0.18°C) alors que l’hémisphère sud a surchauffé à 0.69°C avec un Antarctique bouillant (3.42°C).

Un tel comportement peut surprendre en effet quand on sait que l’hémisphère sud présente une inertie thermique plus importante que son voisin du nord du fait de ses étendues océaniques énormes.

Ceci dit ce sont des températures de l’air qui sont données ici, pas vraiment les températures de surface de l’océan (SST).

Du côté de ces dernières on peut estimer l’anomalie globale vers 0.35°C (voir courbe ci-dessous), ce qui sous entend une anomalie des terres de 1°C, ce qui est considérable.

 

L’oscillation du Pacifique équatorial est restée neutre mais assez nettement positive tout de même.

Les prévisions nous indiquent qu’elle devrait rester dans les mêmes eaux jusqu’à la fin de l’année.

On ne devrait donc pas atteindre les sommets de 2016, côté température mais on sera sans doute supérieur à 2015.

Est-il besoin de parler des banquises?

Oui?

Eh bien ce n’est pas brillant et la banquise arctique a beaucoup de mal à se remettre d’une anomalie chaude jamais mesurée jusqu’à maintenant, au point de vue amplitude et durée, qui a affecté l’Arctique depuis plusieurs années sans qu’on en comprenne vraiment la raison.

Si donc la situation semble se calmer au nord, elle se dégrade fortement côté antarctique où la banquise flirte avec ses plus bas.

On se reportera au site du NSIDC pour de plus amples informations à ce sujet.

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indicateurs climatiques d’avril 2017

D’après les dernières données NCEP (à confirmer car il s’agit d’un calcul personnel), l’anomalie globale de température pour ce mois d’avril 2017 s’élève à 0.48°C au dessus de la moyenne 1981-2010.

 

C’est bien sûr encore élevé, mais bien moins que le mois précédent (0.67°C) et bien moins que la moyenne de 2016 (0.66°C).

On revient proche de la moyenne de 2015 (0.46°C), qui, ne l’oublions pas, est la deuxième plus chaude de l’histoire des mesures.

Ma propre simulation indiquant 0.45+-0.20°C, je suis plutôt dans les clous.

J’aurais tendance à dire que c’était les deux mois précédents, février et mars, qui étaient très anormaux avec 0.65°C et  0.67°C surtout par rapport à ma simulation (0.42 et 0.44°C).

Bien sûr, la variabilité mensuelle peut expliquer tout çà mais on peut se demander s’il n’y a pas autre chose.

Pour les mois prochains, les avis sont partagés sur l’évolution de l’ENSO.

On irait plutôt vers une neutralité très positive que vers un Niño franc.

L’anomalie globale devrait, en conséquence, évoluer dans la même zone, soit entre 0.4 et 0.5°C.

 

 

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2016 année record, oui mais pas pour la chaleur océanique

Du moins si on en croit les données, actuelles, de la NOAA.

annuelle-de-2005-a-2016

Et même cela a baissé franchement, du moins de 0 à 2000m, et on imagine mal la chaleur disparue dans les abysses aussi soudainement.

Ceci confirme bien que le record de température de surface en 2016 provient d’un échange océanique entre le fond et la surface de l’océan.

Echange d’une ampleur inégalée dans la période considérée (2005-2016).

Il ne vient donc probablement pas d’une quelconque accélération du RC mais bien d’une oscillation climatique très puissante.

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indicateurs climatiques de janvier 2017

Déjà?

Mais on est le 10, seulement!

Eh oui, je vais essayer de faire vivre cet indicateur, non pas en live, mais semaine par semaine.

Voici donc la première semaine de janvier 2017 selon NCEP par rapport à la moyenne 1981-2010:

0117-ncep-sem-1

L’anomalie globale s’élève à 0.49°C avec un Arctique toujours très chaud à 2.7°C.

Pour l’anecdote, le 7 janvier, l’anomalie journalière n’était que de 0.10°C, et le 3 elle était de près de 0.7°C.

 

deuxième semaine

l’anomalie du 08 au 14 janvier s’élève à 0.24°C

ceci porte l’anomalie du mois à 0.36°

0117-ncep-sem-2

 

3ème semaine

l’anomalie du 15 au 21 janvier s’élève à 0.49°C

ceci porte l’anomalie du mois à 0.41°C.

à noter la forte hausse en fin de semaine à 0.75°C dont 1.18°C pour l’HN.

 

0117-ncep-sem-3

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contrôle de la radiation solaire par la calcite

trainee-de-condensation

Le réchauffement climatique est, selon toute probabilité, le résultat de l’injection par l’Homme, de quantités importantes de gaz à effet de serre, les GES, principalement du CO2 issu de la combustion des carburants fossiles.

Ces GES exercent ce qu’on appelle un forçage radiatif positif qui, par le biais de rétroactions, provoque lui-même un réchauffement (RC) sensible de la biosphère.

A titre d’exemple un doublement de la teneur en CO2 dans l’atmosphère entraîne un forçage de 3.7W/m2 occasionnant selon les modèles du moment un RC de l’ordre de 3°C.

La seule façon faisable techniquement et économiquement permettant d’endiguer le RC est l’injection d’aérosols dans la stratosphère afin de réfléchir une partie de la radiation solaire vers l’espace et de provoquer ainsi un forçage négatif.

Ce processus fait partie de la SRM (Solar Radiation Management) elle-même sous domaine de la géo ingénierie (GI).

 

Pourquoi la stratosphère?

Parce que les aérosols en question y ont une durée de vie 100 fois plus longue que dans la troposphère où ils sont très rapidement lavés par les pluies.

La solution envisagée jusqu’à maintenant était d’y injecter du SO2, formant par la suite de l’H2SO4 et donc des aérosols essentiellement sulfatés.

Il s’agit donc de reproduire, mais de façon maîtrisée, un processus tout à fait naturel: les émissions de SO2 volcaniques.

Inconvénient: on suspecte ces aérosols de réduire la quantité d’ozone dans la stratosphère, ce qui pourrait, à terme et dans certaines régions, augmenter le rayonnement UV au sol.

Dans ce cadre, l’étude de Keith et al 2016 est intéressante parce qu’elle envisage l’injection d’un minéral très répandu sur Terre, la calcite (CaCO3) en lieu et place du SO2.

Par cette technique, non seulement l’ozone ne serait pas directement atteinte mais sa concentration augmenterait même.

Les aérosols formés par injection de CaCO3 et réaction avec les acides halogénés (HCl, HNO3,…) présents naturellement dans la stratosphère auraient également l’avantage de provoquer un réchauffement de la basse stratosphère 10 fois moindre que celui provoqué par le SO2.

S’il est rappelé (diplomatiquement à mon sens) que ce procédé ne peut se substituer à l’arrêt des émissions de GES, il peut constituer un complément utile pour minimiser les risques du RC.

 

Quantité de calcite à injecter annuellement.

Les auteurs indiquent que 2.1 millions de t/an seraient nécessaires pour provoquer un forçage radiatif de -1W/m2.

Pour contrer le doublement, probable, de la teneur en CO2 (ou équivalent) il faudrait donc 7.8Mt/an, disons 10Mt/an pour aller au  delà.

 

capacité technique actuelle

Ce chiffre peut faire peur.

Néanmoins, si on réfléchit un peu, l’injection par une flotte d’avions un peu modifiés pour voler plus haut, vers 17-20km d’altitude, est tout à fait faisable.

A titre d’exemple l’altitude maximale des gros jets civils est de l’ordre de 13km.

Elle peut aller jusqu’à 27km comme pour le Blackbird par exemple.

blackbird

Au niveau de la masse à injecter, 10 Mt/an, c’est 10% du frêt aérien mondial.

Sans parler du transport de passagers 3milliards/an soit environ 300 millions de tonnes/an.

Il faudrait plutôt raisonner en tonnes km, mais si on raisonne simplement en tonnes, le transport aérien représente 400 Mt/an.

10Mt/an c’est peanuts comparé à ces chiffres.

Idem pour l’empreinte carbone de cette injection, elle est ridiculement petite.

 

En conclusion

Un argument qu’on entend souvent est que si on arrête l’injection d’aérosols, le RC reprend rapidement, de plus belle car on aura continué à émettre sans vergogne des GES.

Cet argument ne tient pas à mon sens, car ce n’est pas la peur du RC qui peut faire réduire les émissions mais plutôt la peur de manquer, un jour, de carburant fossile (charbon, pétrole, gaz).

Et ce n’est pas la peur du RC qui va nous faire construire des éoliennes par millions ainsi que des panneaux solaires par dizaines de milliers de km2.

De plus, pourquoi arrêter?

Le diabétique ne doit-il pas prendre de l’insuline toute sa vie, au risque de mourir du jour au lendemain s’il arrête?

Pour ne pas déclencher de famines et de morts par centaines de millions, ne doit-on pas injecter annuellement des centaines de millions de tonnes d’engrais et de pesticides dans les terres cultivées?

Que se passerait-il si on arrêtait, tenez, ne serait-ce que 2 ans?

Les exemples sont infinis d’activités humaines absolument indispensables.

Qu’on le veuille ou non, la société humaine, avec sa démographie énorme, doit s’accommoder de façon de plus en plus prégnante avec la Nature, pour survivre tout simplement.

Ou alors il faut trouver un  moyen de n’être plus que quelques centaines de millions d’individus sur Terre.

Absurde.

L’obstacle principal envers l’application de la SRM dans le cadre d’une géo ingénierie maîtrisée, ne réside pas dans la science encore moins dans la technique.

La bien-pensance actuelle, moralisatrice et envahissante, refuse ce genre de solution au profit d’une autre, complètement impossible au cours de ce siècle, à savoir l’arrêt des émissions de GES et même des émissions négatives.

Mais l’actualité nous prouve que les modes passent et que les bien-pensances d’un jour ne sont pas forcément celles du lendemain ou plutôt que certains se lèvent enfin pour les contrecarrer.

Alors gardons l’espoir que l’Humanité saura se sortir de son impasse actuelle, du moins dans ce domaine du RC et de ses conséquences.

Cela implique, avant tout, qu’elle adopte des solutions réfléchies, débarrassées de toute contingence moralisatrice mettant en jeu des notions de bien et de mal, finalement très sectaires et souvent hors de propos.

 

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