indicateurs climatiques d’avril 2017

D’après les dernières données NCEP (à confirmer car il s’agit d’un calcul personnel), l’anomalie globale de température pour ce mois d’avril 2017 s’élève à 0.48°C au dessus de la moyenne 1981-2010.

 

C’est bien sûr encore élevé, mais bien moins que le mois précédent (0.67°C) et bien moins que la moyenne de 2016 (0.66°C).

On revient proche de la moyenne de 2015 (0.46°C), qui, ne l’oublions pas, est la deuxième plus chaude de l’histoire des mesures.

Ma propre simulation indiquant 0.45+-0.20°C, je suis plutôt dans les clous.

J’aurais tendance à dire que c’était les deux mois précédents, février et mars, qui étaient très anormaux avec 0.65°C et  0.67°C surtout par rapport à ma simulation (0.42 et 0.44°C).

Bien sûr, la variabilité mensuelle peut expliquer tout çà mais on peut se demander s’il n’y a pas autre chose.

Pour les mois prochains, les avis sont partagés sur l’évolution de l’ENSO.

On irait plutôt vers une neutralité très positive que vers un Niño franc.

L’anomalie globale devrait, en conséquence, évoluer dans la même zone, soit entre 0.4 et 0.5°C.

 

 

Publié dans indicateurs climatiques | 1 commentaire

2016 année record, oui mais pas pour la chaleur océanique

Du moins si on en croit les données, actuelles, de la NOAA.

annuelle-de-2005-a-2016

Et même cela a baissé franchement, du moins de 0 à 2000m, et on imagine mal la chaleur disparue dans les abysses aussi soudainement.

Ceci confirme bien que le record de température de surface en 2016 provient d’un échange océanique entre le fond et la surface de l’océan.

Echange d’une ampleur inégalée dans la période considérée (2005-2016).

Il ne vient donc probablement pas d’une quelconque accélération du RC mais bien d’une oscillation climatique très puissante.

Publié dans chaleur océanique | 1 commentaire

indicateurs climatiques de janvier 2017

Déjà?

Mais on est le 10, seulement!

Eh oui, je vais essayer de faire vivre cet indicateur, non pas en live, mais semaine par semaine.

Voici donc la première semaine de janvier 2017 selon NCEP par rapport à la moyenne 1981-2010:

0117-ncep-sem-1

L’anomalie globale s’élève à 0.49°C avec un Arctique toujours très chaud à 2.7°C.

Pour l’anecdote, le 7 janvier, l’anomalie journalière n’était que de 0.10°C, et le 3 elle était de près de 0.7°C.

 

deuxième semaine

l’anomalie du 08 au 14 janvier s’élève à 0.24°C

ceci porte l’anomalie du mois à 0.36°

0117-ncep-sem-2

 

3ème semaine

l’anomalie du 15 au 21 janvier s’élève à 0.49°C

ceci porte l’anomalie du mois à 0.41°C.

à noter la forte hausse en fin de semaine à 0.75°C dont 1.18°C pour l’HN.

 

0117-ncep-sem-3

Publié dans indicateurs climatiques | Laisser un commentaire

contrôle de la radiation solaire par la calcite

trainee-de-condensation

Le réchauffement climatique est, selon toute probabilité, le résultat de l’injection par l’Homme, de quantités importantes de gaz à effet de serre, les GES, principalement du CO2 issu de la combustion des carburants fossiles.

Ces GES exercent ce qu’on appelle un forçage radiatif positif qui, par le biais de rétroactions, provoque lui-même un réchauffement (RC) sensible de la biosphère.

A titre d’exemple un doublement de la teneur en CO2 dans l’atmosphère entraîne un forçage de 3.7W/m2 occasionnant selon les modèles du moment un RC de l’ordre de 3°C.

La seule façon faisable techniquement et économiquement permettant d’endiguer le RC est l’injection d’aérosols dans la stratosphère afin de réfléchir une partie de la radiation solaire vers l’espace et de provoquer ainsi un forçage négatif.

Ce processus fait partie de la SRM (Solar Radiation Management) elle-même sous domaine de la géo ingénierie (GI).

 

Pourquoi la stratosphère?

Parce que les aérosols en question y ont une durée de vie 100 fois plus longue que dans la troposphère où ils sont très rapidement lavés par les pluies.

La solution envisagée jusqu’à maintenant était d’y injecter du SO2, formant par la suite de l’H2SO4 et donc des aérosols essentiellement sulfatés.

Il s’agit donc de reproduire, mais de façon maîtrisée, un processus tout à fait naturel: les émissions de SO2 volcaniques.

Inconvénient: on suspecte ces aérosols de réduire la quantité d’ozone dans la stratosphère, ce qui pourrait, à terme et dans certaines régions, augmenter le rayonnement UV au sol.

Dans ce cadre, l’étude de Keith et al 2016 est intéressante parce qu’elle envisage l’injection d’un minéral très répandu sur Terre, la calcite (CaCO3) en lieu et place du SO2.

Par cette technique, non seulement l’ozone ne serait pas directement atteinte mais sa concentration augmenterait même.

Les aérosols formés par injection de CaCO3 et réaction avec les acides halogénés (HCl, HNO3,…) présents naturellement dans la stratosphère auraient également l’avantage de provoquer un réchauffement de la basse stratosphère 10 fois moindre que celui provoqué par le SO2.

S’il est rappelé (diplomatiquement à mon sens) que ce procédé ne peut se substituer à l’arrêt des émissions de GES, il peut constituer un complément utile pour minimiser les risques du RC.

 

Quantité de calcite à injecter annuellement.

Les auteurs indiquent que 2.1 millions de t/an seraient nécessaires pour provoquer un forçage radiatif de -1W/m2.

Pour contrer le doublement, probable, de la teneur en CO2 (ou équivalent) il faudrait donc 7.8Mt/an, disons 10Mt/an pour aller au  delà.

 

capacité technique actuelle

Ce chiffre peut faire peur.

Néanmoins, si on réfléchit un peu, l’injection par une flotte d’avions un peu modifiés pour voler plus haut, vers 17-20km d’altitude, est tout à fait faisable.

A titre d’exemple l’altitude maximale des gros jets civils est de l’ordre de 13km.

Elle peut aller jusqu’à 27km comme pour le Blackbird par exemple.

blackbird

Au niveau de la masse à injecter, 10 Mt/an, c’est 10% du frêt aérien mondial.

Sans parler du transport de passagers 3milliards/an soit environ 300 millions de tonnes/an.

Il faudrait plutôt raisonner en tonnes km, mais si on raisonne simplement en tonnes, le transport aérien représente 400 Mt/an.

10Mt/an c’est peanuts comparé à ces chiffres.

Idem pour l’empreinte carbone de cette injection, elle est ridiculement petite.

 

En conclusion

Un argument qu’on entend souvent est que si on arrête l’injection d’aérosols, le RC reprend rapidement, de plus belle car on aura continué à émettre sans vergogne des GES.

Cet argument ne tient pas à mon sens, car ce n’est pas la peur du RC qui peut faire réduire les émissions mais plutôt la peur de manquer, un jour, de carburant fossile (charbon, pétrole, gaz).

Et ce n’est pas la peur du RC qui va nous faire construire des éoliennes par millions ainsi que des panneaux solaires par dizaines de milliers de km2.

De plus, pourquoi arrêter?

Le diabétique ne doit-il pas prendre de l’insuline toute sa vie, au risque de mourir du jour au lendemain s’il arrête?

Pour ne pas déclencher de famines et de morts par centaines de millions, ne doit-on pas injecter annuellement des centaines de millions de tonnes d’engrais et de pesticides dans les terres cultivées?

Que se passerait-il si on arrêtait, tenez, ne serait-ce que 2 ans?

Les exemples sont infinis d’activités humaines absolument indispensables.

Qu’on le veuille ou non, la société humaine, avec sa démographie énorme, doit s’accommoder de façon de plus en plus prégnante avec la Nature, pour survivre tout simplement.

Ou alors il faut trouver un  moyen de n’être plus que quelques centaines de millions d’individus sur Terre.

Absurde.

L’obstacle principal envers l’application de la SRM dans le cadre d’une géo ingénierie maîtrisée, ne réside pas dans la science encore moins dans la technique.

La bien-pensance actuelle, moralisatrice et envahissante, refuse ce genre de solution au profit d’une autre, complètement impossible au cours de ce siècle, à savoir l’arrêt des émissions de GES et même des émissions négatives.

Mais l’actualité nous prouve que les modes passent et que les bien-pensances d’un jour ne sont pas forcément celles du lendemain ou plutôt que certains se lèvent enfin pour les contrecarrer.

Alors gardons l’espoir que l’Humanité saura se sortir de son impasse actuelle, du moins dans ce domaine du RC et de ses conséquences.

Cela implique, avant tout, qu’elle adopte des solutions réfléchies, débarrassées de toute contingence moralisatrice mettant en jeu des notions de bien et de mal, finalement très sectaires et souvent hors de propos.

 

Publié dans geo engineering | 6 commentaires

indicateurs climatiques de décembre 2016 et bilan 2016

Bonne et heureuse année 2017 à (presque) tous.

Il paraît, d’après des gens très bien intentionnés (si si il y en a de plus en plus), que ce blog ne sert qu’au défoulement de son auteur.

C’est parfois vrai, mais pas que, heureusement.

Donc, pour 2017, je me défoulerai encore mais j’essaierai aussi d’être le plus objectif possible (nul n’étant parfait chez les mortels).

Bref revenons à nos indicateurs climatiques, en l’occurrence principalement l’anomalie globale.1216-ncep

Elle s’élève, selon NCEP, à 0.47°C par rapport à la moyenne 1981-2010.

Elle est en baisse significative par rapport au mois dernier (0.645°C).

Voici d’ailleurs l’année 2016 selon NCEP, en bleu, et simulée selon CE (climat-évolution) en rouge.

1216-annee-2016

On peut s’apercevoir que si les moyennes, annuelles, sont proches au 1/100ème, la simulation mensuelle ne donne que des valeurs à 0.15°C près environ, 0.15°C qui représentent la variabilité mensuelle hors ENSO (une variabilité plus « fine » peut être aussi due à l’ENSO), évidemment inaccessible, non seulement au petit modèle que j’utilise, mais aussi aux modèles « up to date » des labos officiels.

L’année 2016 depuis 1985, selon NASA, RSS et CE, est, sans conteste, la plus chaude.

1216-2016-dans-le-contexte

Je ne vous apprend rien puisque tous les médias serinent cet air là, depuis plusieurs mois déjà.

Par contre les tendances linéaires sont assez différentes.

Le modèle CE,  qui utilise une sensibilité climatique moyenne de 3.2°C donne une tendance de 0.25°C/décennie.

La NASA, pourtant récemment rehaussée par Karl par l’intermédiaire d’une rectification à la hausse des SST récentes et à la baisse des SST plus anciennes, donne 0.19°C/décennie.

La température de la basse troposphère, selon RSS, donne une tendance encore plus basse de 0.15°C/décennie.

Pour obtenir ces deux dernières tendances, il faudrait utiliser, dans le modèle CE, une sensibilité entre 2 et 2.5°C.

C’est une conclusion récurrente sur climat-evolution.

 

 

 

Publié dans indicateurs climatiques | 2 commentaires

indicateurs climatiques de novembre 2016

Avec un peu de retard voici l’estimation d’anomalie de température globale pour novembre 2016 selon NCEP.

 

1116-ncep

La température sur le globe a été plus élevée que la moyenne 1981-2010 de 0.65°C.

Cette valeur est tout à fait dans la fourchette de la prévision que je vous donnais ici pour le mois de novembre: 0.63+-0.20°C.

Aucune variation d’importance depuis plusieurs mois maintenant  principalement du à la platitude de l’ENSO, toujours neutre, sans Niña à l’horizon.

La région arctique tire, avec 4.5°C d’anomalie, le global vers le haut.

Cette région a décidément du mal à se débarrasser du surplus de chaleur survenu vraisemblablement (mais non prouvé) à la suite de la bouffée chaude débutée en 2014.

Evidemment la banquise arctique subit cette « vague de chaleur » en établissant un record d’extension basse pour un mois de novembre.

Sur la carte ci dessus on peut remarquer que le blob du Pacifique nord-est a été remplacé par une anomalie froide, alors que le blob froid de l’Atlantique nord l’a été par une anomalie chaude.

Peut-être tout ceci n’est que transitoire.

On peut noter également la forte anomalie négative sibérienne.

 

Publié dans indicateurs climatiques | Laisser un commentaire

indicateurs climatiques d’octobre 2016

Enfin une petite baisse de l’anomalie globale de température.

En effet, au 28 de ce mois, l’anomalie atteint 0.62°C (çà ne devrait plus bouger beaucoup), alors qu’on était à 0.68°C en septembre.

(anomalie définitive : 0.62°C)

Et ce n’est même plus un record puisqu’en 2015 octobre était à 0.77°C.

Certes tout cela n’empêchera pas 2016 d’exploser le compteur mais c’est une petite satisfaction.

Il faut se contenter de peu en ces temps de réchauffement.

Autre petite satisfaction l’anomalie suit toujours la prévision CE (0.64+-0.20°C).

Il est à noter une fois de plus, le grand poids des régions polaires qui avec 3.4°C et 3°C du nord au sud, tirent l’anomalie vers le haut.

Sans elles, elle serait de 0.32°C.

1016-ncep

Publié dans indicateurs climatiques | 5 commentaires