eau précipitable comme traceur du réchauffement climatique?

 

L’eau précipitable (EP) est toute la vapeur d’eau contenue dans la colonne d’air susceptible de précipiter.

Elle est liée à l’humidité spécifique.

On peut donc dire que de façon approchée, à humidité relative et gradient vertical constants, l’EP est liée à la température de surface.

Et donc une méthode qui permet de déterminer la tendance de l’évolution de l’EP devrait permettre, d’estimer une tendance de l’évolution de la température globale.

 

Selon cette étude récente, 3 moyens de mesure de l’EP ont été utilisés entre 1979 et 2014.

Il s’agit de NCEP, des radiosondages, et de ECMWF.

Si NCEP et les radiosondages donnent une valeur proche de 0.6%/décennie, ECMWF, par contre, est très faible avec seulement 0.17%/décennie.

Si on considère la moyenne de ces 3 valeurs (comment en exclure une a priori), on obtient un trend positif de 0.45+-0.35%/décennie.

Il est à noter que les valeurs de l’étude sont bien inférieures à ce qu’on peut trouver dans l’AR4 (2007) soit 1.2%/décennie pour l’EP au dessus de l’océan.

 

En prenant le coefficient de 6.74% par °C, le trend en EP correspond à un trend de température de surface de 0.067+-0.052°C/décennie.

 

Cette valeur est à comparer au trend de la NOAA par exemple qui donne 0.148°C/décennie de 1979 à 2014.

On est loin du compte.

En considérant le maxi de la fourchette, on commence à titiller le 0.122°C/décennie de la basse troposphère (valeur RSS).

 

Si on considère la seule valeur résultant de mesures réelles, les radiosondages (ballons sondes), soit 0.57+-0.28%/décennie, on aboutit à un trend de température de 0.085+-0.041°C/décennie.

Soit, si on considère la médiane, une valeur bien inférieure aux trends de température de surface donnés par les différents organismes officiels chargés de nous renseigner sur l’évolution climatique.

 

Qu’en conclure?

 

Eh bien disons que cela ne conforte guère les révisions à la hausse effectuées par tous ces organismes concernant l’évolution de la température de surface, ni même les tendances elles-mêmes.

Cela conforterait par contre, d’avantage, les trends des température de la troposphère, tant celui de RSS que celui d’UAH.

S’il y a un découplage entre les trends d’eau précipitable et de température, il va falloir expliquer pourquoi.

Mais 0.085°C/décennie au lieu de 0.148°C/décennie, il va falloir aussi expliquer pourquoi…

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2 commentaires pour eau précipitable comme traceur du réchauffement climatique?

  1. Nicias dit :

    Je n’ai pas eut le temps de lire mais Isaac Held s’est bien entendu penché sur la question :
    https://www.gfdl.noaa.gov/blog_held/48-increasing-vertically-integrated-water-vapor-over-the-oceans/

    • meteor31 dit :

      merci pour le lien.
      çà illustre une fois de plus qu’en science, on trouve, souvent mais pas toujours, tout et son contraire.

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