première prévision hiver 2014-2015

Un premier article d’une nouvelle rubrique, qu’on complètera régulièrement, qui concerne les prévisions saisonnières.

La première sur ce blog émane du Met Office pour novembre-décembre-janvier prochains.

Il s’agit d’une première approche de ce que pourrait être l’hiver 2014-2015 (il manque février remplacé par novembre) au point de vue température et précipitations.

Rappelons que l’hiver météorologique se déroule de décembre à février (DJF) alors que l’hiver calendaire du 21 décembre au 21 mars.

 

metoffice du 110814metoffice precip du 110814

 

Pour le moment, l’hiver en France devrait donc être plutôt doux et moyennement arrosé.

On suivra régulièrement ces prévisions afin d’en déterminer la validité.

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la sensibilité climatique serait-elle plus basse que prévue ?

 

Comme promis voici le deuxième article consacré à l’utilisation de la reconstruction de chaleur océanique ORAS4.
Nous avons vu précédemment que l’utilisation d’ORAS4, pour justifier le hiatus du réchauffement climatique, n’était pas pertinente étant donné les variations erratiques et importantes du flux de chaleur entrant dans l’océan sans aucune corrélation avec la température de surface.
Bref, nous allons maintenant utiliser ORAS 4 pour estimer la sensibilité climatique.

Dans l’équation 1 que vous connaissez maintenant par cœur:

éq1

si on connaît Q (le chauffage), F (le forçage), T (la variation de température), on peut déterminer S, le coefficient de sensibilité.

Nous allons nous servir du modèle habituel en ne nous basant que sur l’océan, comme si la planète était entièrement océanique.
En effet, la modélisation des terres, faisant intervenir très fortement la circulation atmosphérique, demanderait un modèle sophistiqué qu’est loin d’être le modèle utilisé ici.

En utilisant les données de forçage radiatif des RCP, nous allons essayer de retrouver les SST (ici celles de la NOAA) et la chaleur telle que donnée par ORAS4 (voir article précédent)
Ce sont les tendances linéaires de 1979 à 2009 (fin d’ORAS4 et durée de 31 ans) qui seront comparées entre les sorties modèle et les mesures/reconstructions.

Voici donc les résultats:

sensibilité                            2°C                 3°C              NOAA              ORAS4

SST (°C/an)                      0.0122           0.0154          0.0116

chaleur océanique              0.567            0.753                                        0.527
(10^22 J/an)

sans conteste c’est la sensibilité de 2°C qui permet de se rapprocher à la fois de NOAA et d’ORAS4.
si on affine on trouve une sensibilité entre 1.8°C et 1.9°C.

 
conclusion

 

Avec les hypothèses et les données prises en compte, le modèle utilisé nous permet une estimation de la sensibilité climatique dans la partie basse de la fourchette du GIEC (1.5 à 4°C).
Ceci est corroboré par quelques études notamment celle d’Otto et al 2013

dont on peut retenir cette phrase:

« The most likely value of equilibrium climate sensitivity based on the energy budget of the most recent decade is 2.0 °C, with a 5–95% confidence interval of 1.2–3.9 °C »

« La valeur la plus probable de sensibilité climatique, basée sur le bilan énergétique de la plus récente décennie est 2.0°C, avec l’intervalle de confiance (5-95%) de 1.2-3.9°C »

Côté paléoclimatique Annan et Heargraves 2013 trouvent une sensibilité de 1.7°C (1.2 et 2.4°C) en se référant aux données des périodes glaciaires mais jugent eux-mêmes ce résultat peu robuste.

En règle générale ces études, qui ne sont pas dans l’air du temps réchauffiste et alarmiste, sont balayées d’un revers de main, ou ignorées, ou font l’objet de tentatives de réfutation.
On assiste très rarement à ce genre de comportement quand il s’agit d’études, qui indiquent détecter des signes d’une sensibilité climatique très élevée.
Ceci dit, même une sensibilité de 2°C est préoccupante et il ne s’agit pas ici d’en minorer les effets, surtout que nous ne savons pas quelles seront nos émissions futures de carbone dans l’atmosphère.
Au train où vont les choses on peut craindre qu’elles seront très élevées et que l’impact climatique sera in fine important mais peut-être moins que ce qu’on pouvait penser en imaginant le pire.

 

 

 

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la chaleur océanique explique t-elle le hiatus du réchauffement climatique?

Toujours dans le cadre de la recherche du temps perdu, euh non, pardon, du réchauffement perdu, la théorie en vogue, puissamment en vogue même, est que le réchauffement s’est caché dans l’océan.

Nous allons essayer de voir ce qu’il en est au regard de la plus récente estimation d’évolution de chaleur océanique (OHC) à savoir l’ORAS4.
Il s’agit en fait d’une reconstruction (Balmaseda 2013)

ci-dessous le graphique, maintenant assez bien connu, qui donne l’évolution de l’OHC de 1958 à 2009.
l’unité de chaleur est le 1022J.

 

balmaseda
On peut facilement déduire (de la courbe en violet) le flux de chauffage moyen annuel en W par m2 d’océan:
flux

On remarquera les valeurs très élevées de 2001 à 2006.

L’océan est un milieu qui, par définition, s’étend de la surface au fond.
En dehors du flux géothermique, tout chauffage ne peut donc venir que de sa surface.

Si on ne considère que l’océan, le bilan des flux s’écrit:

éq1

Q= chauffage océan (W/m2)
F= forçage (W/m2)
T = delta température depuis début application forçage (K)
S= coefficient de sensibilité climatique (K.m2/W)

Ce bilan ne fait intervenir que la chaleur sensible.

Si on entre par le chauffage (issu de ORAS4) et par le forçage (issu des RCP) on peut connaître T.
Pour une sensibilité climatique de 3K, correspondant à S = 0.81 K.m2/W, on obtient la courbe de température ci dessous:

temp

On peut remarquer immédiatement que les variations températures issues du calcul et les SST réelles mesurées sont complètement différentes, tant en intensité, qu’en signe.
Au début des années 2000, par exemple, le flux de chauffage très important, devrait réduire très fortement la température de surface, c’est loin d’être le cas.

La convection, qui transfère de la chaleur latente et sensible de l’océan à l’atmosphère, pourrait être un phénomène modérateur de ces variations de température de surface.
Si on considère que ce phénomène est entièrement responsable de la différence entre températures calculée et réelle, on peut en tenir compte à partir de l’équation suivante:

éq2

 

où Qe est le flux de chaleur évacuée vers l’espace provenant de la convection.
On peut déterminer Qe en rentrant le chauffage (ORAS4), le forçage (RCP), les SST réelles (par rapport à fin du 19ème siècle), la sensibilité.

Lorsque l’atmosphère ( ici la moyenne troposphère) absorbe ou cède de la chaleur, sa température change.
Si on se place en réponse de Planck pure, on peut déduire cette variation de température de façon approchée.
Ci-dessous l’évolution de la température ainsi calculée et comparée aux mesures satellite:

 

 

TMT

 

 

Là non plus il n’y a pas, du tout, correspondance.

 

 

En conclusion, d’après ces quelques calculs simples, on peut avoir quelques doutes sur les variations de chaleur océanique telles qu’estimées par l’ORAS4.
On n’en retrouve pas de trace évidente ni sur la température de surface ni sur la température de la troposphère.
La courbe de chaleur ORAS4 ne peut donc, à mon avis, être considérée comme pertinente pour expliquer la stagnation relative de la température de surface ni toute autre variation de court terme.

Et, au delà d’ORAS4, on ne peut donc affirmer, ni infirmer, que la chaleur océanique explique la stagnation actuelle et, qu’en fin de compte, le réchauffement se poursuit au même rythme qu’au cours des décennies précédentes.

Même si, évidemment, il n’est pas question de remettre en cause l’effet radiatif du CO2.

Dans un prochain article nous verrons son influence sur un calcul simple de sensibilité climatique.

 

 

 

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Cowtan&Way à la rescousse du réchauffement climatique

 

Kevin Cowtan et Robert G. Way ne sont pas, du tout, des climatologistes.

Voir leur pedigree ici où Kevin C = Kevin Cowtan.

Le premier est informaticien, plutôt spécialisé dans le traitement des données.
Il enseigne actuellement la chimie et la biologie
Le second est encore un étudiant PhD en géographie physique.
Les deux ont en outre la particularité d’être des contributeurs de Skeptical Science, site d’activisme réchauffiste par excellence.
Ils participent régulièrement, surtout Way, au forum secret de Skeptical Science dont la révélation des échanges avait fait quelque bruit.
On apprend d’ailleurs à ce sujet que, (mode pipelette « ON ») dans ce forum secret, les thèses sceptiques sont parfois acceptées par des réchauffistes et que les comportements de certains scientifiques tels Mann et Steig sont sévèrement critiqués.
On aimerait que cela soit aussi le cas en France et cela l’est peut-être d’ailleurs en dehors des divers forums publics où règne, comme souvent, la dictature du bien penser.
Bien penser dépendant de l’orientation du forum en question, bien entendu.(mode pipelette « OFF »)
Bref, si on en revient au contexte général d’un réchauffisme bien mis à mal, ces temps ci, par la stagnation relative des températures depuis la fin du 20ème siècle jusqu’à aujourd’hui, on a pu constater que les efforts de la communauté alarmiste (dite du consensus) pour transformer cette « stagnation » en preuve évidente d’un réchauffement qui continue, voire même s’accélère, étaient patents.
La tentative de Cowtan&Way s’inscrit bien dans ce sens, tout comme les tentatives d’expliquer où serait passé ce fameux réchauffement si la stagnation était réelle.
Nous reparlerons, à ce sujet, de la reconstruction de l’évolution de la chaleur océanique, l’ORAS4.

Je n’insisterai pas beaucoup sur la méthode de C&W.
Cela consiste, brièvement, à remplir les trous existant dans la couverture des mesures de  température de la base de données HadCRUT4, au moyen de deux méthodes.
Le kriging qui consiste à extrapoler les températures des régions couvertes à celles de régions non couvertes.
Le « hybriding » qui consiste à intégrer, en plus, les données satellitaires de la basse atmosphère.
D’après les auteurs les deux méthodes sont fiables puisqu’elles permettent de retrouver des températures déjà connues.

On peut cependant formuler quelques critiques.
Il est un peu étonnant, par exemple, d’avoir utilisé, pour les mesures satellitaires, la base UAH.
Le prétexte donné est que c’est UAH qui a la meilleure couverture.
Mais c’est UAH qui a aussi le trend le plus élevé en région arctique, 0.444°C/décennie, alors que RSS, « concurrent » d’UAH, a un trend de 0.324°C/décennie.

Hasard?

 
Certes RSS couvre une région arctique moins étendue qu’ UAH, mais, 3.6% de moins, est-ce significatif?
Donc  pourquoi avoir choisi UAH plutôt que RSS quand on sait que l’écart sur la température globale proviendrait quasi exclusivement de l’Arctique?
De plus, autre exemple,  on ne peut qu’être étonné de « vérifications » de la justesse des deux méthodes pour les régions arctiques (et antarctiques d’ailleurs) où il n’existe pas de mesures dans des rayons de plusieurs milliers de km.
Way prétendant qu’on peut extrapoler sur des distances de l’ordre de 2000 km, ce qui, en zone arctique, tourmentée comme pas une, peut sembler un peu louche.
Le résultat final de tout çà est que, si la tendance donnée par la toute nouvelle version de la base de données d’Hadley, HadCRUT4, est de 0.155°C/décennie, la correction par C&W donne 0.174°C/décennie, soit un réchauffement plus de 12% plus élevé, ce qui n’est pas rien.

 

 

 

graphe1

 

 

Surtout, étant donné que l’écart entre les deux courbes de température s’accroît fortement à partir de 2005, ceci supprime toute significativité à la stagnation des températures, et autre hiatus préoccupant tant nos climatologistes.
Ouf!
Une des explications qui revient le plus souvent est liée au phénomène, prévu, de l’amplification arctique.
Mais, si tel était le cas, il aurait seulement commencé (ou se serait considérablement renforcé) en 2005?
Non, cela ne semble pas raisonnable de penser ainsi, du moins de par les explications antérieures de ce phénomène.
Si le réchauffement brutal des régions arctiques à partir de 2005 a une quelconque réalité physique, il s’agit plus probablement d’un échange de chaleur entre le « global », qui lui est resté stable, même selon C&W, et ces mêmes régions.

Il y a encore une autre critique ou interrogation, pour le moins.

Il existe en effet une autre base de données, NASA-GISS, bien utilisée sur ce blog, qui intègre la globalité de la surface.
La méthode d’extrapolation aux régions polaires est probablement différente et n’utilise pas, à ma connaissance, les données satellites.
La tendance NASA-GISS, de 1979 à 2013, est de 0.157°C/décennie soit très proche de HadCRUT4 non corrigée (0.155°C/décennie).
D’autre part, le réchauffement de la zone arctique, sur NASA-GISS, est très conséquent puisque égal à 0.52°C/décennie, plus élevé que les 0.44°C/décennie d’UAH utilisé par C&W.

 

 

Alors que penser de tout cela?

 
Eh bien, il faut être d’une extrême prudence quant aux résultats de C&W, d’une part étant donné le pedigree des deux auteurs, rappelons-le membres actifs d’un site hautement alarmiste, et de son forum secret, mais aussi et surtout, parce qu’une autre base complètement globale, ne donne pas, du tout, les mêmes résultats.
Mais si, par hasard, ils avaient raison, ce serait tout de même un sacré pied de nez à la communauté climatologiste, incapable de sortir une base de données correcte et obligée de se tortiller plus ou moins adroitement pour trouver des explications à un hiatus qui n’existerait pas.

 

 

quelques liens:

le site de Cowtan&Way

ici et ici quelques réactions sur Climateaudit avec quelques révélations savoureuses dans le texte et les commentaires (en mode pipelette)

 

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indicateurs climatiques de juillet 2014

Ce mois de juillet 2014 s’inscrit, selon NCEP, en 6ème position des plus chauds, à 0.09°C  du plus chaud en 2011.
Il ne semble pas que nous nous dirigions rapidement vers un épisode El Niño très puissant, en contradiction avec certaines prévisions alarmistes d’il y a quelques mois.
Il ne semble pas non plus que la banquise arctique estivale atteigne un nouveau record de fonte cette année, mais la tendance à la baisse est continue.
anomalie de température de surface selon NCEP

0714 ncep
estimation basée sur les données ci-dessus:
global: 0.30°C (6ème plus chaud)
HN: 0.40°C
HS: 0.17°C

 

 

la moyenne depuis le début de l’année reste stable en 4 ème position des plus chaudes depuis 1948.

 

 

0714 ncep comp

 

NASA-GISS

 

0714 nasa

 

global:0.52°C (11ème plus chaud)

HN:0.65°C

HS:0.38°C

 

 

 

mesures satellitaires

anomalie globale de la basse troposphère à 0.35°C, stable, selon RSS, par rapport au mois dernier.
évolution des banquises

pas de changement significatif quant aux tendances observées au cours de ces dernières années.
la banquise arctique d’été continue de se restreindre alors que la banquise d’hiver antarctique s’étend de façon paradoxale dans le contexte du réchauffement global.

0714 arctic 0714 antarctic

 

 

 

ENSO

Selon le site australien de météorologie, les indicateurs en faveur d’un El Niño diminuent.

0714 nino34
L’atmosphère et l’océan ne se sont pas couplés pour aboutir à un épisode significatif.
Les modèles indiquent encore, en moyenne, que nous aurons un épisode Niño pour l’automne et l’hiver prochain, mais de faible intensité.

 

 

 

activité solaire

encore de beaux restes, telle celle du 6 juillet 2014:

 

 

soleil du 060714

 

 

ce maximum à deux pics semble se traîner un peu en longueur:

 

0714 ssn

 

 

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indicateurs climatiques de juin 2014

Alors que le Niño montre quelques faibles signes de réveil, du moins si on en juge par la hausse sensible des températures de la basse troposphère dans la zone équatoriale, l’anomalie globale est en baisse significative à 0.27°C contre 0.44°C le mois dernier.
La moyenne depuis le début de l’année est la 4ème plus chaude (0.28°C), toujours selon NCEP, depuis 1948.

 

anomalie de température de surface selon NCEP

0614 ncep

 

 

estimation basée sur les données ci-dessus:
global: 0.27°C (9ème plus chaud)
HN: 0.40°C
HS: 0.15°C

 

 

0614ncep comp

en Europe

anomalie de température forte sur une Europe occidentale restée globalement sèche

 

0614 eur temp0614 eur prec

 

 

 

anomalie NASA

(à venir)

global:
HN:
HS:

 

mesures satellitaires

 

 

l’anomalie globale est en hausse à 0.34°C.
on notera la forte hausse en zone équatoriale (0.45°C)

0614rss

 

 

évolution des banquises

L’anomalie d’extension de la banquise arctique est toujours négative mais sans excès puisqu’elle se classe environ à la 7ème place des extensions les plus faibles depuis 1979 pour un mois de juin.

 

0614arctic

 

Par contre, cela devient une habitude dont on a du mal à se lasser, l’extension de la banquise antarctique bat un nouveau record, positif cette fois.

 

0614antarctic
ENSO

 

 

Selon le site australien de météorologie, si quelques indicateurs comme les eaux de sub-surface, qui ont refroidi, n’iraient pas dans le sens d’un futur El Niño,d’autres comme le SOI, qui a chuté, et les alizés, qui ont faibli, iraient plutôt dans ce sens.

0614nino34
La situation est donc incertaine et si les modèles indiquent toujours une augmentation des SST dans la zone 34, le seuil des 0.8°C aurait du mal à être dépassé en septembre prochain.

0614ninomodels

 

activité solaire

 

0614sn

 

en légère baisse.

 

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indicateurs climatiques de mai 2014

bilan définitif

Peu de différence avec le bilan provisoire au 29.
Le mois a donc été le plus chaud mois de mai jamais mesuré par NCEP avec une anomalie de température de 0.44°C.
C’est surtout l’hémisphère sud qui, avec une anomalie de 0.53°C, a poussé le global vers le haut.
Du côté ENSO, les modèles hésitent en revoyant à la baisse leurs prévisions d’un épisode Niño modéré.
La banquise globale reste plutôt étale au mois de mai, grâce à la formidable santé de la banquise antarctique.
Ce dernier point n’a toujours pas reçu d’explication valable dans un contexte de réchauffement global.
L’activité solaire diminue très légèrement mais là aussi on attendra quelques mois encore pour être sûr que nous avons dépassé le maximum d’activité pour ce cycle 24.

 

 

anomalie de température de surface selon NCEP

 

0514 ncep

 

 

estimation basée sur les données ci-dessus:
global: 0.44°C (plus chaud)
HN: 0.35°C
HS: 0.53°C

 

En Europe

Température à peu près conforme à la normale, précipitations faibles sur le sud est.

0514 europe temp 0514 europe prec
en France, le printemps aura été doux, avec un mois de mai cependant nettement plus frais, et les précipitations accusent un sérieux déficit dans la partie orientale.

0514 france temp printemps 0514 france précip printemps
anomalie NASA-GISS

 

0514 nasa

 

 

global:0.76°C (plus chaud)
HN:0.82°C
HS:0.70°C

 

les résultats NASA-GISS confirment que ce mois de mai est le plus chaud jamais enregistré sur un plan global.

 

 

 

 

mesures satellitaires

0514 rss

 

Légère augmentation de l’anomalie globale de température de la basse troposphère qui atteint 0.29°C selon RSS.
Il est à noter que la moyenne sur un an, 0.217°C, est la même que la moyenne sur 20 ans, 0.225°C, aux erreurs près.
Ce point confirme, à l’évidence, la stagnation de la température de cette partie de l’atmosphère, du moins selon RSS.
Depuis 1979, la tendance est de 0.12°C/décennie ce qui reste dans la partie basse des résultats des modèles.
évolution des banquises

 

baisse sans excès de l’extent côté arctique, alors que la banquise antarctique affiche toujours une santé éblouissante.

 

0514 arctic 0514 antarctic
ENSO

Selon le site australien de météorologie, les modèles prévoient toujours, en majorité, un épisode Niño vers août mais de plus en plus faible.
Les indicateurs SOI et les vents ne se décident toujours pas à se placer en zone El Niño.
Bref, jusqu’à preuve du contraire, et alors qu’on nous annonçait il y a peu, un épisode du feu de Dieu, il semble qu’on s’oriente vers un évènement bien sage voire endormi…

 

0514 nino34 0514 nino models 0514 poama

 

 

activité solaire

 

0514 ssn

Toujours en très légère baisse, signe du passage du maximum?

 

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indicateurs climatiques d’avril 2014

Mois globalement chaud sur le globe, sans excès toutefois puisque l’anomalie (0.37°C) est la 3ème plus chaude depuis 1948, loin derrière celle d’avril 2010 (0.51°C).
Avril 2014 s’inscrit parfaitement dans une tendance décennale au réchauffement de l’ordre de 0.2°C/décennie, selon NCEP.
Du côté de l’oscillation du Pacifique équatorial (ENSO), il semble que la prévision d’un El Niño modéré soit considérablement revue à la baisse, du moins selon les modèles australiens.
Peu de changement pour les banquises en Arctique et en Antarctique quoique côté sud un nouveau record d’extension ait été battu.
Sur un plan global donc, si le réchauffement est toujours présent, il ne présente toujours pas de signe d’une quelconque accélération.

 

anomalie de température de surface selon NCEP

 

0414 ncep

estimation basée sur les données ci-dessus:

 

global: 0.37°C (3ème plus chaud)
HN:       0.46°C
HS:        0.28°C

 

En Europe et en France

Température anormalement élevée sur l’ensemble de l’Europe avec mention spéciale pour l’Allemagne, le Bénélux et l’Espagne.

0414 noaa eur t
Précipitations plutôt déficitaires sauf sur les Balkans.

0414 noaa eur préc

La France n’échappe pas à la règle européenne selon MF

0414 mf t

0414 mf préc
anomalie NASA

0414 nasa

global: 0.73°C (2ème plus chaud)
HN:     0.99°C
HS:      0.47°C

 

température de la basse troposphère par satellite selon RSS

Faible augmentation de la température de la basse troposphère à 0.25°C au lieu de 0.21°C le mois dernier.

Dans la perspective depuis 1979, l’anomalie de température actuelle continue donc à marquer le pas.

0414 RSS

 

Il est à noter que depuis 20 ans la température de la basse troposphère est stable.

Toutefois, selon l’autre base de données, UAH, celle qui nous trouvait il y a quelques années un refroidissement de l’atmosphère, la tendance depuis 20 ans est plus significative et s’élève à 0.12°C/décennie.

 

évolution des banquises

Selon le NSIDC, pas de changement particulier du comportement des banquises boréale et australe.
on notera toutefois que côté antarctique l’extension d’avril a dépassé le record précédent.

0414 arctic 0414 antarctic

 

ENSO

Selon le site australien de météorologie, on prévoit toujours un El Niño pour l’été, mais les conditions actuelles, notamment la forte montée du SOI, ne semblent pas confirmer cette prévision.

0414 nino34

0414 soi
A noter que les modèles australiens revoient considérablement à la baisse la force de l’épisode, s’il a lieu.

0414 poama

 

activité solaire

0414 ssn

 

toujours assez soutenue.

 

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hétérogénéité des forçages et réponse transitoire de température

 

Dans le cadre de la détermination de la réponse du système climatique au forçage anthropique en fonction de la température observée, Drew Shindell a commis une étude infirmant les résultats d’autres auteurs comme Otto et al 2013, par exemple, qui, au vu des observations, déduisaient une sensibilité climatique plus faible que la valeur médiane des modèles ou comme Lewis 2013, qui trouve une sensibilité climatique de 1.6°C soit la moitié des 3.2°C annoncés par le GIEC.
Il est à noter que Lewis a critiqué l’étude de Shindell, voir ici, ce dernier faisant partie de la mouvance Gavin Schmidt qui s’efforce actuellement de réconcilier les observations et les résultats des modèles.

Le principe général du travail de Shindell repose principalement sur le calcul des réponses transitoires de chacun des forçages en fonction de leur hétérogénéité due à leur localisation sur le globe.

L’exemple le plus flagrant est celui des aérosols et de l’ozone qui sont émis principalement dans l’hémisphère nord et plus particulièrement dans la zone hors tropique.
Le forçage des aérosols dans l’hémisphère nord est ainsi plus fort en valeur absolue que celui dans l’hémisphère sud de -0.93W/m2 (en 2000).
Même les GES sont plus efficaces au nord qu’au sud de l’ordre de 18%.
Selon l’auteur, ceci serait du principalement aux rétroactions plus fortes dans l’hémisphère nord que dans le sud moins fourni en terres donc avec moins de neige et de glaces continentales.

De plus, le fait que les océans occupent plus de surface dans le sud que dans le nord (81% contre 61%) amplifie encore l’hétérogénéité des variations de température dans les deux hémisphères.

Selon Shindell, cette hétérogénéité serait responsable d’un réchauffement actuel inférieur de 0.2°C à ce qu’il serait si les forçages étaient homogènes.
Ceci entraînerait un réchauffement bien plus important dans les prochaines décennies du fait de la diminution rapide des aérosols selon les scénarios.

Ce que j’en pense.

Ne disposant pas des modèles climatiques utilisés par Shindell, j’ai essayé de reproduire ses résultats avec le modèle très simple que j’utilise habituellement.
Je ne trouve pas de différence significative entre les réponses aux forçages hétérogènes et celles des forçages homogènes.
Bien entendu ceci ne préjuge pas de la validité de l’étude de Shindell.
Mais il me semble bizarre, de façon qualitative, que le forçage plus faible sur l’hémisphère nord que sur le sud ainsi que le fait que la sensibilité aux aérosols soit beaucoup plus forte sur le nord que sur le sud, donne actuellement, selon les observations, un réchauffement du nord plus élevé que le sud, même en tenant compte du fait qu’il y a moins de terres au sud qu’au nord.
La conclusion de Shindell indiquant que la sensibilité se trouve très probablement vers les parties hautes de la fourchette me semble, de par les moyens dont je dispose, un peu exagérée.
D’une manière plus générale, si on prend comme argent comptant les différentes raisons, que j’ai listées ici, données par les tenants du consensus, pour expliquer la stagnation relative de la température actuelle (stagnation que Shindell n’explique que de façon incomplète), et qu’on rajoute encore celle de Shindell, on peut vraiment avoir peur pour l’avenir même proche.
Je ne peux pas croire que tout ceci soit motivé par autre chose que de la science.

Mais la frénésie actuelle qui agite les tenants du consensus, tant en ce qui concerne la théorie de réchauffement que les conséquences de ce dernier, devrait logiquement nous laisser un peu perplexes, pour ne pas dire sceptiques…

 

 

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ski de fond et réchauffement climatique

J’ai un autre blog, le fondeur pyrénéen, qui me permet de parler de ma passion sportive préférée.

Pour ceux que çà intéresse, un petit essai qui concerne une activité très menacée par le réchauffement climatique: le ski de fond (ou ski nordique).

Le scénario de réchauffement utilisé est celui qui voit perdurer la tendance actuelle depuis 1948 (données de Toulouse en ma possession) sur les « mois à neige » dans les massifs, soit de novembre à mars.

J’aurais pu ajouter avril mais le ski de fond en avril devenant de plus en plus anecdotique, je ne l’ai pas considéré.

J’ai pu constater, accessoirement, que cette période de novembre à mars, sur Toulouse en tout cas, et sur une bonne partie des Pyrénées, était celle qui se réchauffait le moins.

En conséquence, je ne pense pas que, selon ce scénario, le ski nordique soit menacé à court terme, même si les conditions d’exploitation des stations deviendront de plus en plus difficiles.

Ceci dit à plus long terme, la remontée de l’isotherme zéro étant de l’ordre de 3 mètres/an, les stations de ski de fond, en général à basse altitude, sont menacées un peu partout, évidemment.

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