indicateurs climatiques de janvier 2015

anomalie de température de surface selon NCEP

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0115 ncep

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estimation basée sur les données ci-dessus:

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global: 0.25°C (6ème plus chaud)
HN: 0.48°C
HS: 0.02°C

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En Europe

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0115 eur temp

 

0115 eur precip
anomalie NASA

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0115 nasa

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global: 0.75°C (2ème plus chaud derrière 2007 avec 0.93°C)
HN:       1.09°C (2ème)
HS:        0.41°C (14ème)

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mesures satellitaires

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0115 rss

en augmentation nette au cours de ce mois à 0.37°C pour 0.28°C en décembre 2014.

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évolution des banquises

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0115 arctic

L’extent de la banquise arctique diminue toujours doucement, en tendance janvier.

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0115 antarctic
Côté antarctique, par contre, l’extent est en forte progression.
On trouvera quelques explications sur le site du NSIDC

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ENSO

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Selon le site australien de météorologie, le régime de l’ENSO est toujours neutre.
Les modèles laissent présager la continuation d’une neutralité chaude, si on peut dire.

0115 enso modèles

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activité solaire

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0115 ssn

en légère baisse…

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Peut-on arrêter le réchauffement climatique (2)? – injection d’aérosols soufrés dans la stratosphère

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Suite de « Peut-on arrêter le réchauffement climatique (1)? »

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I- principe

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Il s’agit de refroidir le système climatique en lui appliquant un forçage radiatif négatif.
Par exemple, si on souhaite compenser intégralement le réchauffement du aux gaz à effet de serre (GES), il faut appliquer un forçage négatif égal et opposé à celui de ces GES.

Ce qu’on a trouvé de mieux actuellement pour réaliser cet objectif est l’injection d’aérosols soufrés dans la stratosphère.

Dans la stratosphère, car c’est là que la durée de vie de ces aérosols est la plus longue comparée à ce qui se passe dans la troposphère où ils sont lavés par les précipitations.

Les aérosols doivent avoir une taille suffisante pour réfléchir le rayonnement solaire mais ne doivent pas être trop gros pour ne pas redescendre trop vite dans la troposphère.
Leur taille idéale est aux alentours de 0.1 micron.

Ils ne doivent pas trop absorber le rayonnement thermique terrestre au risque de perdre en efficacité.

Ils ne doivent pas provoquer de réactions chimiques susceptibles de détruire l’ozone dans de trop fortes proportions.

Des injections d’aérosols soufrés ont lieu naturellement en permanence dans la stratosphère par les éruptions volcaniques.

Des injections plus importantes se produisent lors des grosses éruptions comme celle du Pinatubo en 1991 qui a injecté 30 millions de tonnes de SO2 dans la strato.
Pire encore celle du Tambora en 1815 avec 110 millions de tonnes.
Mais tout cela n’est rien comparé à celle du Toba, il y a environ 75000 ans, dont on estime les émissions à 200 fois environ celles du Pinatubo, soit 6 Gt de SO2.
Il ne semble pas que ce genre d’éruption cataclysmique ait provoqué d’extinction significative des espèces même si les conséquences n’ont pas du être négligeables.
Ceci est un point positif qui renforce, à mon avis, l’influence relative (mais à examiner) des aérosols soufrés sur la couche d’ozone stratosphérique.

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masse à injecter dans la stratosphère

Selon Rasch 2008, la masse à injecter annuellement dans la stratosphère serait au pire de 5 Mt (S) pour contrebalancer le réchauffement du à un doublement de la teneur en CO2.
Selon Pierce 2010, cette masse serait inférieure à 10Mt/an à condition que ce soit en H2SO4 directement.
Cette injection aurait lieu entre 20 et 25 km d’altitude entre 30°N et 30°S afin d’assurer la meilleure dispersion possible des aérosols.

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Mise en pratique

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Plusieurs possibilités d’injection sont réalisables avec les techniques actuelles.
Cela va des canons aux avions en passant par les fusées, les ballons, les cheminées…

Comme on peut s’en douter c’est la solution « avions » qui est la plus directement accessible.
Mais la solution dirigeables, ou même cheminées à très haute altitude, ne semble pas non plus inaccessible techniquement et économiquement.
C’est toutefois la solution « avions » que nous retiendrons pour le moment.

 

méthodes

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coût

Dans le tableau 1 de McClellan 2012, reproduit ci-dessous, est examiné le coût selon les types d’avions, et autres appareillages ou installations, incluant les modifications nécessaires pour les avions existants.

tab 2 mcclellan

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Pour injecter 1 Mt/an le coût varie entre 1.1 et 8.4 milliards de dollars/an.
Le coût le moins élevé correspond à l’acquisition, l’amortissement, les modifications, l’exploitation, d’une flotte de gros porteurs style 747.

Pour contrebalancer le doublement du CO2, il faut injecter 10 Mt/an (au pire), soit dépenser, au mieux, 11 milliards de dollars/an.

Cette valeur peut sembler élevée mais elle doit être comparée au coût de l‘adaptation au réchauffement climatique et au coût de sa « mitigation » pour ne pas dépasser 2°C d’élévation de température.
Selon cet article le coût de l’adaptation pourrait atteindre entre 250 et 500 milliards de dollars par an.

Quant au coût de la mitigation selon cet autre article, tableau 2.1 (ci-dessous), il serait de 1.7 à 6% du PIB mondial par an, en incluant les pertes de consommation.

 

tableau 2.1

La série de courbes ci-dessous indique les différents coûts suivant la cible de température projetée:

coûts mitig
Le PIB mondial (valeur 2012) est de 72000 milliards de dollars/an.

4% (valeur médiane) de ce PIB mondial représenterait donc près de 3000 milliards de dollars/an pour limiter la hausse à 2°C entre 2010 et 2100.
2°C correspond, dans ce cas, à maintenir un forçage de 2.5W/m2 par rapport à un forçage de l’ordre de 7.5W/m2 en 2100.
L’équivalent en terme de forçage négatif à appliquer serait donc de -5W/m2.

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Dans cette étude le tableau 1 indique que pour contrebalancer 5.5W/m2 il faudrait injecter 80 Mt/an de SO2 (exprimés en SO2), soit 40 Mt/an exprimées en S.

injections en fonct forçage

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Pour -5W/m2 on serait donc environ à 35 MtS/an à injecter dans la stratosphère pour un coût de l’ordre de 40 milliards de dollars/an avec la solution « gros porteurs style 747 ».

Rapportée au PIB mondial, soit 72000 milliards de dollars/an, cette dépense est ridiculement faible et tout à fait accessible économiquement.

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effets secondaires

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les effets secondaires de l’injection d’aérosols soufrés ont été résumés dans cette étude par Robock.

Ce dernier, à l’inverse d’un David Keith, par exemple, n’est pas particulièrement partisan du géo engineering par aérosols soufrés, mais son tableau a le mérite de poser le problème des effets secondaires.

tableau Robock

 

On ne tranchera pas ici, mais chacun des effets secondaires défavorables a fait l’objet de contre analyses.
Par exemple, en ce qui concerne l’ozone stratosphérique, il y aurait certes baisse de sa concentration mais l’effet négatif sur les UV-B serait partiellement, voire complètement, contré par l’augmentation de l’albédo.
En ce qui concerne la baisse de rendement des capteurs solaires c’est plutôt risible.
Pour l’augmentation de la sécheresse en Asie et en Afrique, peut-être, mais qu’en serait-il si on ne faisait rien?
Pour se rassurer encore plus on peut citer le fait que les maxi éruptions du passé proche, comme celle du Tambora en 1815, n’ont pas provoqué de cataclysme climatique ou d’effets secondaires entraînant des conséquences graves pour la vie sur Terre.
Ne parlons évidemment pas de l’éruption du Toba il y a 75000 ans qui ne semble pas avoir fait déferler les radiations solaires néfastes sur le globe.

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conclusion

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Il demeure certain qu’il vaudrait mieux, le plus vite possible, se passer d’émettre des gaz à effet de serre et donc faire ce qu’on appelle de la mitigation.
Mais une fois qu’on a dit çà on se heurte à des difficultés quasi insurmontables pour y parvenir.
En effet, éviter que le climat se réchauffe n’est pas une priorité telle qu’elle fasse renoncer au développement économique utilisant l’énergie, bon marché, d’un carbone fossile encore très abondant.

L’adaptation au réchauffement semble aléatoire et sur le long terme impossible à tenir en cas d’élévation très importante du niveau de la mer.
Sans parler d’une « adaptation » apocalyptique aboutissant à quelques dizaines, centaines, de millions de survivants dans les prochains siècles.
Pour éviter tout cela nous avons la solution du géo engineering par injection d’aérosols soufrés dans la stratosphère.
Cette solution est très peu coûteuse et ses effets secondaires ne semblent pas rédhibitoires tout en devant être étudiés plus profondément.
Elle peut permettre immédiatement la stabilisation du climat, voire même son rétablissement à sa valeur pré industrielle si on l’associe à une mitigation, sur le très long terme, indispensable.
Sa mise en œuvre se heurterait sans doute à la bien-pensance de certains qui évoquent une éthique très discutable puisque aboutissant à l’inaction.
Cependant, cette action ne serait pas différente des actions naturelles des grandes éruptions volcaniques du passé.

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Alors pourquoi ne pas l’envisager?

 

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indicateurs climatiques de novembre 2014

La hausse continue de l’anomalie de température depuis plusieurs mois a connu un coup d’arrêt brutal selon  NCEP.

Avec une anomalie de 0.27°C ce mois arrive en 9ème position des mois de novembre les plus chauds.

Il semble bien qu’un épisode El Niño, certes faible, soit en cours.

 

1114 ncep

anomalie de température selon NCEP

 

global:0.27°C (9ème plus chaud)

HN: 0.36°C

HS:0.20°C

 

la moyenne depuis le début de l’année marque le pas:

1114 ncep comp

Pour que l’année 2014 batte le record de 2005 il faudrait que l’anomalie de décembre soit supérieure à 0.56°C et soit donc l’anomalie mensuelle la plus élevée de la base NCEP.

 

anomalie de température globale selon NASA-GISS

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1114 nasa

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global: 0.65°C (9ème position des novembre les plus chauds)

HN:0.78°C

HS:0.52°C

 

baisse de l’anomalie par rapport au mois dernier mais dans une moindre proportion que pour NCEP.

En moyenne depuis le début de l’année l’anomalie s’élève à 0.67°C, soit plus élevée que la moyenne de l’année 2010 (0.66°C), année la plus chaude selon la NASA.

Il n’est pas évident que 2014 batte le record de 2010 mais ce sera de très très peu dans un sens ou dans l’autre.

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anomalie de température de la basse troposphère selon RSS

 

reste dans la moyenne de ces 20 dernières années selon RSS.

1114 rss

 

banquises

la banquise arctique poursuit son redressement:

1114 arctic

tandis que côté antarctique on est proche de la normale:

1114 antarctic

ENSO

Selon le BOM, tous les indicateurs sont proches des seuils El Niño et les modèles prévoient une intensification prochaine de l’épisode.

que ce soit les températures de surface de la zone 34

1114 nino34

 

le SOI:

1114 soi

les températures sous la surface particulièrement chaudes sur l’ensemble de la zone:

1114 subsurf

les sorties de modèles:

1114 nino models

 

tout concourt pour affirmer que nous vivons un épisode El Niño, pour le moment faible mais réel.

 

 

activité solaire

 

en légère progression:

 

1114 sn

 

 

 

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La fin du hiatus?

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SST NOAA très hautes 2014

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La fin du hiatus?

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Peut-être mais pas sûr.

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Alors que l’année 2014 est en passe de devenir la plus chaude depuis quelques centaines d’années, on peut légitimement se poser la question de la fin de la « pause », ou hiatus, du réchauffement climatique, intervenue depuis la moitié, environ, des années 90.
En effet, d’après Timmermann et Trenberth, un évènement climatique majeur s’est produit en 2014 dans le Pacifique.

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Je vous propose ci dessous une traduction approchée d’un article paru, à ce sujet, dans Reporting Climate Science.

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« Des changements sans précédent, révélés par les températures globales et par l’épisode El Niño avorté, se sont produits dans l’océan Pacifique et pourraient signifier la fin de la pause du réchauffement climatique, selon deux éminents climatologues.
La NASA et d’autres organisations ont signalé des températures records de surface moyenne globale au cours des six derniers mois ou plus.
Ces températures record sont suspectées être connectées à un réchauffement de la température de surface de la mer (SST) de l’océan Pacifique, en particulier de l’océan Pacifique nord, selon Axel Timmermann de l’Université de Hawaii et Kevin Trenberth du national Center for Atmospheric Research.

Les données de l’Office météorologique du Royaume-Uni et de la National Oceanic and Atmospheric Administration indiquent que les eaux de surface de l’océan Pacifique n’ont jamais été aussi chaudes que ce qu’elles ont été au cours des derniers mois.
L’hémisphère nord en été 2014 a vu les températures moyennes de surface des océans globales les plus élevées depuis que les mesures systématiques ont commencé.
Ces températures ont dépassé celles du record 1998 année El Nino.

Timmermann a utilisé l’expression « tout à fait remarquable» pour décrire ce qui se passe et Trenberth a jugé ces événements «extraordinaires». Les deux hommes pensent que ce réchauffement pourrait signifier la fin de la pause , ou hiatus, qui, selon certaines mesures, est en cours depuis le milieu des années 1990.

Phase de réchauffement

L’océan Pacifique est passé d’une phase de refroidissement à long terme commencée dans les années 1990 à une phase de réchauffement au plus tôt cette année 2014 conduisant à des températures de surface océaniques (SST) et à l’évolution locales des conditions météorologiques, selon Timmermann. Ces changements semblent être liés à l’oscillation Interdécennale du Pacifique (IPO), une tendance cyclique à long terme des variations de SST qui influent sur le nord et le sud du Pacifique.

Le passage d’une phase de refroidissement à une phase de réchauffement est suspecté être à l’origine ou avoir accompagné le réchauffement récent sans précédent des eaux du Pacifique Nord. «Vers la fin de Janvier, il y avait une énorme accumulation de l’eau chaude au large de la côte de l’Alaska et un réchauffement de la Pacifique Nord », a déclaré Timmermann .
« Tout à fait remarquable. Je n’ai pas vu quelque chose comme ça avant dans le Pacifique Nord « .

Trenberth lie cet événement à l’évolution à l’oscillation décennale du Pacifique (PDO) une des variations cycliques affectant le Pacifique .

« Le fait est qu’il y a eu réchauffement extraordinaire dans les eaux de l’Alaska et des changements dans l’ensemble du Pacifique », a expliqué Trenberth. « L’essentiel est que la PDO soit enregistrée comme ayant changé de phase, » a t-il expliqué.

Fin de la pause

Timmermann est très clair sur ce que cela signifie pour le réchauffement climatique. «Au cours des 15 dernières années ou plus – la période de la pause du réchauffement climatique – le Pacifique a été anormalement froid et il y a eu une très forte IPO négative »
« Cela a maintenant cessé et cela revient à dire le hiatus du réchauffement climatique a cessé « .

Trenberth estime que le changement qui a été vu cette année est « exactement le genre de chose qui permettrait de dire que la pause est terminée. Il a souligné que les données montrent que la PDO est passée d’un état négatif à un état positif, mais on ne peut pas dire encore que c’est juste un blip ou si c’est du plus long terme. La PDO en octobre était élevée et positive.
Les deux scientifiques soulignent qu’il y a un certain nombre de facteurs en jeu. Cependant, la séquence des événements qui ont contribué à la situation actuelle devient claire. La phase négative IPO en place depuis la fin des années 1990 a conduit à de très forts alizés équatoriaux – qui sont différents des alizés qui soufflent classiquement à travers le Pacifique au nord et au sud de l’équateur.
« Ces vents équatoriaux étaient si forts qu’ils ont aspiré l’eau de l’est du Pacifique équatorial et l’ont déplacé vers l’ouest », a déclaré Timmermann.

Le résultat fut que le Pacifique équatorial s’est refroidi et que le niveau de la mer dans le Pacifique occidental a augmenté beaucoup plus rapidement que la moyenne mondiale.
Le refroidissement des SST a refroidi l’atmosphère et causé le hiatus.
Cette période de forts vents équatoriaux a pris fin au début de 2014, générant ainsi un réchauffement dans le Pacifique Nord et en particulier le long des eaux côtières de l’Alaska.

Ensuite, une série de vagues d’eau chaude – connu sous le nom d’ondes de Kelvin – a traversé le Pacifique de l’Ouest près de l’Indonésie vers l’Est et a été interprétée comme des signes qu’un épisode El Niño était sur le point d’avoir lieu.
Trenberth explique qu’à la suite de ces déplacements d’eau, le niveau des mers a augmenté dans le Pacifique central et oriental et a baissé dans le Pacifique occidental. Toutefois, cette eau chaude n’a pas déclenché l’ El Nino important attendu.

Au lieu de cela, l’eau chaude s’est déplacée à travers le Pacifique jusqu’à ce qu’elle touche la côte ouest des Amériques puis vers le nord et le sud – le réchauffement des eaux côtières le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord vers le nord jusqu’à l’Oregon et des SST du nord-est de l’océan Pacifique d’Avril à Septembre.

Enfin, au cours des trois derniers mois, les alizés classiques se sont considérablement affaiblis et le refroidissement a cessé presque complètement intensifiant ainsi le réchauffement dans le Pacifique central.

Au cours de 2014 les eaux du nord, nord-est et du centre du Pacifique se sont réchauffées de manière significative. Cela a eu pour effet d’élever la température de surface moyenne mondiale à des niveaux records qui entraînera presque certainement 2014 comme l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Trenberth a expliqué qu’il y a eu des répercussions à grande échelle, comme le récent typhon Nuri, déplacé plus au nord que d’habitude, des conditions de sécheresse en Californie persistantes pendant qu’une masse d’air froid vers le sud, le centre et l’est de l’Amérique du Nord en Novembre.

Pendant ce temps les eaux au large des côtes d’Hawaï ont atteint 29°C ou 30°C pendant l’été, selon Timmermann, provoquant le blanchissement des corauxl.
« Nous avons vu des anomalies de température très extrèmes de 4°C.
Ce réchauffement est une mauvaise nouvelle pour la pêche au saumon et aussi pour le corail. Poissons et la vie marine connaissent cette année ce que nous prévoyons dans100 ans », a déclaré Timmermann. »

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Pour résumer, l’arrêt brutal des vents d’est a entraîné le déferlement d’ouest en est du Pacifique des eaux de la « warming pool » (immense réservoir d’eau chaude à l’ouest du Pacifique).
Alors qu’on s’attendait au développement d’un fort El Niño, ces eaux chaudes ont continué leur chemin vers le nord du Pacifique, faisant avorter l’épisode en question (ce dernier se réamorçant légèrement en fin de période)
La puissance du phénomène a été exceptionnelle (du moins en termes de conséquences sur les SST) mais il est encore trop tôt pour dire s’il s’agit des prémisses d’une phase positive de PDO démarrant en fanfare, ou d’un phénomène fugitif, un blip comme ils disent, ou de quelque chose de nouveau.

Aucun des auteurs n’explique pourquoi les eaux se sont ainsi répandues vers le nord au lieu de « stagner » d’avantage à l’est provoquant ainsi un fort El Niño, mais si c’est bien la phase chaude de la PDO (ou de l’IPO) qui commence, alors on peut affirmer que le hiatus a de fortes chances d’être terminé.

Une des conclusions que je tire personnellement est que cette PDO semble prendre, aux yeux des scientifiques, une importance bien plus élevée que celle qu’on suspectait auparavant.

En effet, si on admet que le hiatus était un plateau (ce qui n’est pas évident), la PDO serait responsable entre ses deux phases de près de 0.2 à 0.3°C, soit l’équivalent d’un peu moins de deux décennies de réchauffement anthropique, tel que calculé par les modèles
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hiver 2014-2015 deuxième prévision saisonnière

Voici donc la deuxième prévision saisonnière de l’hiver 2014-2015 toujours issue du Met Office.

Il s’agit cette fois vraiment de l’hiver météorologique c’est à dire pour DJF (Décembre-Janvier-Février).

Pour les températures en plaine, en Europe, on aurait:

prev saisonnières novembre 2014

soit une probabilité plus forte de température plus élevée que la normale.

Pour les précipitations on aurait:

prev saisonnières novembre 2014 précip

soit une probabilité légèrement plus forte d’un hiver plus humide que la normale.

en résumé, à 1 à 4 mois de l’échéance, on aurait plutôt un hiver doux et humide, mais sans excès.

Le flux devrait donc être en moyenne plutôt océanique que continental, comme d’habitude et comme il est normal.

en montagne, les conditions ne devraient pas être si défavorables que cela à la pratique des activités nordiques.

à suivre….

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indicateurs climatiques d’octobre 2014

Mois encore chaud sur la planète
Avec une anomalie positive de 0.48°C octobre 2014 se place en 2ème position des mois d’octobre les plus chauds, selon NCEP.
L’année 2014 a maintenant de bonnes chances de devenir l’année la plus chaude selon ce même organisme.

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anomalie de température de surface selon NCEP

1014 ncep

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estimation basée sur les données ci-dessus:

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global: 0.48°C (2ème plus chaud)
HN:       0.65°C
HS:        0.31°C

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en moyenne depuis le début de l’année l’anomalie de température est toujours sur une pente impressionnante:

1014 ncep comp

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En Europe

selon la NOAA l’anomalie de température  a été très élevée en moyenne tandis que les précipitations étaient plutôt contrastées:

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1014 eur temp 1014 eur prec

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anomalie suivant NASA-GISS

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1014 nasa

 

global:0.76°C (plus chaud à égalité avec 2005)

HN:0.90°C

HS:0.61°C

en phase avec NCEP.

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mesures satellitaires

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Avec une anomalie de seulement 0.27°C, la température de la basse troposphère peine toujours à refléter ce qui se passe en surface

1014 rss

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évolution des banquises

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pas d’évolution notable des tendances:

1014 arctic 1014 antarctic

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ENSO

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selon le site australien de météorologie, la tendance est toujours à un épisode Niño rampant.
les indicateurs comme les SST de la zone 34, le SOI, la température sous la surface de l’océan Pacifique équatorial, indiquent que nous sommes toujours dans une phase moyennement chaude mais sans que se déclenche réellement un épisode prononcé.
3 modèles sur 8 des modèles surveillés par le bureau australien de la météorologie indiquent que le seuil niño sera atteint et dépassé au cours de janvier 2015.
à suivre donc.

 

1014 nino34 1014 soi 1014 subsurf 1014 nino models

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activité solaire

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en recul sur ce mois.

1014 ssn

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certes en recul mais avec la plus grande tache depuis 25 ans:

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soleil 231014

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Météo France vs Met Office

 

Cet article est un billet d’humeur, écrit à la suite de jongleries effectuées, pour échapper à la pub et lire des prévisions d’une grande médiocrité, sur le site de Météo-France.

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Je ne sais pas vous mais je constate qu’il est de plus en plus difficile d’obtenir des prévisions correctes sur le site, de plus en plus pourri par la pub, de Météo-France.
En outre, les passionnés de climatologie, ne parlons pas de climat, peuvent toujours aller se rhabiller s’ils veulent, comme sur la plupart des sites nationaux de météorologie, des données gratuites.

Sur l’équivalent anglais, le Met Office, rien de tout çà.
Pas de pub qui pollue les recherches, des prévisions, me semble t-il, plus fiables, et surtout des tas de données gratuites.

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Alors, on pourrait se dire que MF devrait être bien démunie par rapport au Met.

 

Donc regardons les chiffres représentatifs de ces deux organismes.

D’abord le personnel

MF: 3500 personnes d’après ce lien
Met Office: 1847 d’après ceci

Ensuite le budget

MF: 349 millions d’euros (source)
Met Office: 192 millions de £, soit 242 millions d’euros
Alors, c’est pas pour les accabler mais franchement MF serait bien inspirée de regarder ce qui se passe chez nos voisins britanniques.
Quand même deux fois plus d’effectifs et un budget 44% plus élevé pour un résultat aussi mauvais.

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Ah oui un petit truc, MF compte en son sein 200 ingénieurs polytechniciens des Ponts et Chaussées.
Vous rendez vous compte: 200 !!
Qu’est-ce qu’ils font?
Mais finalement, quand on sait çà, on s’étonne moins…

 

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voir ce rapport de la cour des comptes sur Météo-France

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extrait:

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« 1. Les effectifs

Globalement, les effectifs de Météo-France sont restés constants depuis la création de cet établissement public, oscillant autour de 3 700 agents, comme le retrace le tableau de la page suivante.

A titre de comparaison et sous réserve des différences de structure qui peuvent exister17(*), on remarquera que le MetOffice, service météorologique britannique, emploie en 2003 1 822 personnes (en diminution de 12,8 % sur un an en raison d’un plan de réduction des effectifs).

Le personnel de l’établissement se répartit traditionnellement en deux catégories, qui correspondent à des modes de gestion et de rémunération spécifiques :

– les corps techniques (ingénieurs de la météorologie devenus en 2002 ingénieurs des ponts et chaussées, ingénieurs des travaux de la météorologie – ITM, techniciens supérieurs de la météorologie – TSM), qui représentent une proportion légèrement croissante de l’effectif total (de 75 à 80 %) entre 1994 et 2003, sont gérés et rémunérés directement par Météo-France ;

– les personnels administratifs et ouvriers de l’Etat appartenant à des corps de la direction générale de l’aviation civile (DGAC), dénommés « corps communs », dont la rémunération et la gestion incombent au ministère de l’équipement. »

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je n’invente rien…

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indicateurs climatiques de septembre 2014

Le mois de septembre aura été plutôt chaud sur l’ensemble de la planète du moins en ce qui concerne la surface puisque la NASA a enregistré une anomalie de 0.77°C, ce qui constitue un record absolu depuis 1880.
La troposphère reste cependant découplée par rapport à la surface ce qui pourrait laisser supposer que la convection n’a pas suivi la température de surface.
Le soufflet Niño, que nous avaient concocté les modèles il y a quelque temps, se ratatine de mois en mois laissant encore pantois, décidément, devant la fiabilité  de ces mêmes modèles.
Enfin, côté banquise globale, on assiste plutôt à une reconstitution progressive, bien qu’il ne faille pas y voir de nouvelle tendance évidemment.

blanc
anomalie de température de surface selon NCEP

 

0914 NCEP

 

estimation basée sur les données ci-dessus:

blanc

global: 0.44°C (2ème plus chaud)
HN: 0.53°C
HS: 0.35°C

 

 blanc

En moyenne depuis le début de l’année la trajectoire de 2014 laisse augurer, si elle persiste, que cette année sera la plus chaude, pour NCEP (pour NASA aussi d’ailleurs).

 blanc

0914 NCEPcomp

 

En Europe

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anomalie de température largement positive sur une bonne part de l’Europe (exceptées Italie-Grèce)

0914 europe temp 0914 europe precip

blanc

anomalie NASA

blanc

0914 NASA

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global: 0.77°C (plus chaud)
HN: 0.79°C
HS: 0.75°C

blanc

 

mesures satellitaires

0914 RSS

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avec 0.21°C selon RSS l’anomalie de la basse troposphère reste à une valeur très moyenne fortement découplée de ce qui se passe en surface.

 

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évolution des banquises

 

0914 arctic 0914 antarctic

 

 

Depuis 1979, le minimum de la banquise arctique occupe la 6ème position dans l’ordre des plus bas, alors que l’antarctique continue sa progression hivernale avec un maximum d’extension toujours en hausse.

blanc
ENSO

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selon le site australien de météorologie (BOAM), les indicateurs ENSO sont restés neutres.
les modèles ne prévoient plus, en moyenne, d’épisode El Niño même faible.

0914 Nino34 0914 Nino subsurf 0914 Nino model

 

 blanc

activité solaire

 

0914 ssn

 

 

soleil toujours assez vaillant au cours de ce mois.
la plongée vers le minimum ne se dessine toujours pas très franchement.

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Peut-on arrêter le réchauffement climatique? (1)

 

Le management de la radiation solaire par ensemencement de la stratosphère semble la solution la plus facile et, de très loin, la moins chère pour arrêter le réchauffement climatique actuel.
Après avoir rappelé le contexte et évoqué l’autre solution, illusoire, qui consiste à réduire drastiquement les émissions de GES, nous citerons, dans un prochain article spécialement dédié, les études déjà bien avancées de réduction de la radiation solaire atteignant la surface terrestre par ensemencement de la stratosphère en micro particules réfléchissantes.

Cette réduction de la radiation solaire ayant pour effet de provoquer un forçage négatif, se retranchant du forçage positif des gaz à effet de serre anthropiques (GES).

 

1- contexte

 

J’ai personnellement  quelques doutes sur le fait que la sensibilité climatique soit très élevée et sur le fait que les scénarios les plus pessimistes du GIEC soient vraisemblables.
Concernant la sensibilité, le modèle que j’utilise pour étayer ces doutes est certes très simple.
Il considère le système climatique comme une boîte sur laquelle s’appliquent des forçages radiatifs, plus ou moins bien connus.
Cette boîte chauffe ou se refroidit suivant ses caractéristiques propres qui règlent la diffusion thermique et, in fine, la température de surface.
Si on fait varier la sensibilité climatique pour retrouver les observations (surface et océan profond) on trouve une valeur proche de 2°C.
Néanmoins, il n’est pas du tout sûr que cette valeur soit proche de la réalité.

Quant aux scénarios, j’ai un peu de mal avec les plus pessimistes, qui prévoient un triplement des émissions de GES en 2100.
Mais, étant donnée la durée de vie de plusieurs de ces gaz, tel le CO2, leur accumulation dans l’atmosphère, à des concentrations très importantes, semble inévitable au cours des prochains siècles.

La sensibilité climatique concerne l’élévation de température moyenne, à l’équilibre, résultant d’un doublement de la teneur en CO2.
Or les réserves de carbone fossile sont telles (et si on compte, en plus, les émissions du système à la suite de l’élévation de température) que la teneur en CO2 équivalent peut assez aisément tripler, voire quadrupler par rapport à l’époque pré industrielle (sans doute pas en 2100 mais pendant les siècles suivants)

Il faut également rappeler que beaucoup de régions risquent de chauffer bien d’avantage que la moyenne.

Pour certaines de ces régions une baisse significative des précipitations semble devoir accompagner un  réchauffement important.
On évoque notamment, par exemple, des élévations de 10°C pour l’Arctique et pour les régions méditerranéennes, 6°C d’anomalie en été avec un déficit important de pluie.

Tout ceci est proprement insupportable.

 

 
2- y a-t-il des solutions?

Heureusement, oui.

La première à laquelle on pense est la diminution drastique des émissions de GES.
Mais plusieurs arguments militent contre:

– il n’y a pas d’énergie de remplacement techniquement et économiquement viable à celle engendrée par la combustion de carbone fossile.
– les ressources de ce dernier, notamment sous forme de charbon, sont immenses et plus faciles à mettre en œuvre que toutes ces énergies diluées style photovoltaïque, éolienne et autres biogaz.
– l’énergie nucléaire est condamnée à court terme si on ne trouve pas le moyen de développer la surgénération ou la fusion, et dans ces derniers domaines, aucun prototype industriel incluant la chaîne de traitement des « cendres » ne fonctionne.

Bref, ne rêvons pas, il n’existe pas d’alternative au carbone fossile actuellement et pas à l’horizon de la fin du siècle.

 
La deuxième solution est le geo engineering.

 

C’est, à mon avis, la plus prometteuse si nous voulons nous éviter une planète surchauffée ou même si nous souhaitons revenir aux conditions de température de l’époque pré industrielle.
Je ne parlerai pas de toutes les techniques de captation du CO2 par ensemencement de l’océan en nutriments, ou autres biochar, ni de celles visant à augmenter l’albédo de la surface ou à placer des miroirs dans l’espace qu point de Lagrange.
Elles sont  trop incertaines, trop lentes, ou bien trop chères.
La seule solution qui semble acceptable, par mise en oeuvre de moyens techniques existants ou presque, est l’ensemencement de la stratosphère par des aérosols soufrés.
C’est cette dernière méthode que nous allons nommer par la suite MRS (Management de la Radiation Solaire) et que nous examinerons en détail dans un tout prochain article.

 

 

 

 

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indicateurs climatiques du mois d’août 2014

Record de température pour ce mois d’août 2014 avec une anomalie de 0.40°C, selon NCEP.
C’est l’hémisphère nord qui explose son record, pour un mois d’août, avec une anomalie de 0.52°C, très significativement supérieure au record précédent (0.42°C en 2010).

Il est important de noter que l’anomalie de la basse troposphère, mesurée par RSS, ne suit pas du tout ce record de température de surface.

L’extinction prématurée et peut-être temporaire d’ El Niño n’ y est sans doute pas étrangère.

 

 

anomalie de température de surface selon NCEP

0814 ncep

 

 

estimation basée sur les données ci-dessus:
global: 0.40°C (plus chaud)
HN:      0.52°C (plus chaud)
HS:       0.28°C

 

 

en moyenne depuis le 1er janvier 2014 rattrape peu à peu son retard par rapport à 2010.

 

0814 ncep comp

 

 

anomalie de température selon NASA-GISS

 

une fois n’est pas coutume, l’anomalie relevée par NASA-GISS est conforme au NCEP (à la référence près)

 

global: 0.70°C (plus chaud)

HN: 0.87°C

HS: 0.54°C

ce mois d’août est le plus chaud jamais estimé par cet organisme, très proche d’août 2011 (0.69°C) .

la moyenne depuis janvier à 0.65°C est en 4ème position des plus chaudes jamais relevées.

Il n’y a pas eu, encore, d’épisode El Niño cette année.

Néanmoins, la chaleur de l’océan pacifique équatorial transférée rapidement à l’atmosphère depuis juin (voir ci dessous) peut expliquer une partie de la bouffée chaude que nous connaissons actuellement.

 

 

 

en Europe

0814 europe temp

0814 europe précip

 

 

données satellitaires de la basse troposphère selon RSS

 

 

L’anomalie fournie par RSS ne correspond pas du tout à celle de NCEP, puisqu’ avec 0.19°C, elle arrive au 144ème rang, sur 428, tous mois confondus.

ci dessous la mise en perspective depuis 1979 où la tendance de 0.123°C/décennie est décidément bien loin des résultats des modélisations.

 

0814 rss

 

Mais c’est du côté tropical que la chute est spectaculaire:

 

0814 rss g+t

 

On peut émettre l’hypothèse qu’ El Niño a été soufflé telle une bougie et tué dans l’oeuf.

Mais avec cet enfant terrible on ne sait jamais, comme indiqué ci dessous.

 

 

ENSO

 

 

selon le BOAM:

« Malgré des températures tropicales de l’océan Pacifique qui restent à des niveaux neutres, les modèles suggèrent qu’un développement d’El Niño reste possible au cours des prochains mois.

Le bref affaiblissement des alizés sur l’océan Pacifique au début d’ août a produit peu de réchauffement de la température de surface des mers tropicales. Cependant, les eaux juste en dessous de la surface du Pacifique se sont réchauffées au cours des dernières semaines et sont susceptibles de persister ou se renforcer dans les prochains mois.

Quatre des sept modèles climatiques interrogés par le Bureau suggèrent qu’un El Niño est susceptible de se produire au cours de l’été australien de 2014-15. Ces perspectives de modèle et les observations actuelles signifient que l’ ENSO Tracker reste dans l’état « OBSERVER » (???) Cela indique la possibilité d’El Niño dans les prochains mois est au moins 50%, ce qui est environ le double de la probabilité normale d’un événement. »

 

 

l’indice Niño3.4 reste à un niveau neutre en légère augmentation:

0814 nino34

 

 

Les températures sous la surface se sont réchauffées légèrement depuis juillet:

 

0814 subsurf

 

 

banquises

 

Il se confirme que la fonte de la banquise arctique n’atteindra pas des records cette année bien qu’elle reste supérieure à la moyenne de ces dernières années.
La banquise antarctique se porte, comme d’habitude, à merveille.

 

0814 arctic

0814 antarctic

 

 

activité solaire

 

ne veut toujours pas « mourir »:

 

0814 ssn

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