La fin du hiatus?

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SST NOAA très hautes 2014

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La fin du hiatus?

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Peut-être mais pas sûr.

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Alors que l’année 2014 est en passe de devenir la plus chaude depuis quelques centaines d’années, on peut légitimement se poser la question de la fin de la « pause », ou hiatus, du réchauffement climatique, intervenue depuis la moitié, environ, des années 90.
En effet, d’après Timmermann et Trenberth, un évènement climatique majeur s’est produit en 2014 dans le Pacifique.

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Je vous propose ci dessous une traduction approchée d’un article paru, à ce sujet, dans Reporting Climate Science.

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« Des changements sans précédent, révélés par les températures globales et par l’épisode El Niño avorté, se sont produits dans l’océan Pacifique et pourraient signifier la fin de la pause du réchauffement climatique, selon deux éminents climatologues.
La NASA et d’autres organisations ont signalé des températures records de surface moyenne globale au cours des six derniers mois ou plus.
Ces températures record sont suspectées être connectées à un réchauffement de la température de surface de la mer (SST) de l’océan Pacifique, en particulier de l’océan Pacifique nord, selon Axel Timmermann de l’Université de Hawaii et Kevin Trenberth du national Center for Atmospheric Research.

Les données de l’Office météorologique du Royaume-Uni et de la National Oceanic and Atmospheric Administration indiquent que les eaux de surface de l’océan Pacifique n’ont jamais été aussi chaudes que ce qu’elles ont été au cours des derniers mois.
L’hémisphère nord en été 2014 a vu les températures moyennes de surface des océans globales les plus élevées depuis que les mesures systématiques ont commencé.
Ces températures ont dépassé celles du record 1998 année El Nino.

Timmermann a utilisé l’expression « tout à fait remarquable» pour décrire ce qui se passe et Trenberth a jugé ces événements «extraordinaires». Les deux hommes pensent que ce réchauffement pourrait signifier la fin de la pause , ou hiatus, qui, selon certaines mesures, est en cours depuis le milieu des années 1990.

Phase de réchauffement

L’océan Pacifique est passé d’une phase de refroidissement à long terme commencée dans les années 1990 à une phase de réchauffement au plus tôt cette année 2014 conduisant à des températures de surface océaniques (SST) et à l’évolution locales des conditions météorologiques, selon Timmermann. Ces changements semblent être liés à l’oscillation Interdécennale du Pacifique (IPO), une tendance cyclique à long terme des variations de SST qui influent sur le nord et le sud du Pacifique.

Le passage d’une phase de refroidissement à une phase de réchauffement est suspecté être à l’origine ou avoir accompagné le réchauffement récent sans précédent des eaux du Pacifique Nord. «Vers la fin de Janvier, il y avait une énorme accumulation de l’eau chaude au large de la côte de l’Alaska et un réchauffement de la Pacifique Nord », a déclaré Timmermann .
« Tout à fait remarquable. Je n’ai pas vu quelque chose comme ça avant dans le Pacifique Nord « .

Trenberth lie cet événement à l’évolution à l’oscillation décennale du Pacifique (PDO) une des variations cycliques affectant le Pacifique .

« Le fait est qu’il y a eu réchauffement extraordinaire dans les eaux de l’Alaska et des changements dans l’ensemble du Pacifique », a expliqué Trenberth. « L’essentiel est que la PDO soit enregistrée comme ayant changé de phase, » a t-il expliqué.

Fin de la pause

Timmermann est très clair sur ce que cela signifie pour le réchauffement climatique. «Au cours des 15 dernières années ou plus – la période de la pause du réchauffement climatique – le Pacifique a été anormalement froid et il y a eu une très forte IPO négative »
« Cela a maintenant cessé et cela revient à dire le hiatus du réchauffement climatique a cessé « .

Trenberth estime que le changement qui a été vu cette année est « exactement le genre de chose qui permettrait de dire que la pause est terminée. Il a souligné que les données montrent que la PDO est passée d’un état négatif à un état positif, mais on ne peut pas dire encore que c’est juste un blip ou si c’est du plus long terme. La PDO en octobre était élevée et positive.
Les deux scientifiques soulignent qu’il y a un certain nombre de facteurs en jeu. Cependant, la séquence des événements qui ont contribué à la situation actuelle devient claire. La phase négative IPO en place depuis la fin des années 1990 a conduit à de très forts alizés équatoriaux – qui sont différents des alizés qui soufflent classiquement à travers le Pacifique au nord et au sud de l’équateur.
« Ces vents équatoriaux étaient si forts qu’ils ont aspiré l’eau de l’est du Pacifique équatorial et l’ont déplacé vers l’ouest », a déclaré Timmermann.

Le résultat fut que le Pacifique équatorial s’est refroidi et que le niveau de la mer dans le Pacifique occidental a augmenté beaucoup plus rapidement que la moyenne mondiale.
Le refroidissement des SST a refroidi l’atmosphère et causé le hiatus.
Cette période de forts vents équatoriaux a pris fin au début de 2014, générant ainsi un réchauffement dans le Pacifique Nord et en particulier le long des eaux côtières de l’Alaska.

Ensuite, une série de vagues d’eau chaude – connu sous le nom d’ondes de Kelvin – a traversé le Pacifique de l’Ouest près de l’Indonésie vers l’Est et a été interprétée comme des signes qu’un épisode El Niño était sur le point d’avoir lieu.
Trenberth explique qu’à la suite de ces déplacements d’eau, le niveau des mers a augmenté dans le Pacifique central et oriental et a baissé dans le Pacifique occidental. Toutefois, cette eau chaude n’a pas déclenché l’ El Nino important attendu.

Au lieu de cela, l’eau chaude s’est déplacée à travers le Pacifique jusqu’à ce qu’elle touche la côte ouest des Amériques puis vers le nord et le sud – le réchauffement des eaux côtières le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord vers le nord jusqu’à l’Oregon et des SST du nord-est de l’océan Pacifique d’Avril à Septembre.

Enfin, au cours des trois derniers mois, les alizés classiques se sont considérablement affaiblis et le refroidissement a cessé presque complètement intensifiant ainsi le réchauffement dans le Pacifique central.

Au cours de 2014 les eaux du nord, nord-est et du centre du Pacifique se sont réchauffées de manière significative. Cela a eu pour effet d’élever la température de surface moyenne mondiale à des niveaux records qui entraînera presque certainement 2014 comme l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Trenberth a expliqué qu’il y a eu des répercussions à grande échelle, comme le récent typhon Nuri, déplacé plus au nord que d’habitude, des conditions de sécheresse en Californie persistantes pendant qu’une masse d’air froid vers le sud, le centre et l’est de l’Amérique du Nord en Novembre.

Pendant ce temps les eaux au large des côtes d’Hawaï ont atteint 29°C ou 30°C pendant l’été, selon Timmermann, provoquant le blanchissement des corauxl.
« Nous avons vu des anomalies de température très extrèmes de 4°C.
Ce réchauffement est une mauvaise nouvelle pour la pêche au saumon et aussi pour le corail. Poissons et la vie marine connaissent cette année ce que nous prévoyons dans100 ans », a déclaré Timmermann. »

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Pour résumer, l’arrêt brutal des vents d’est a entraîné le déferlement d’ouest en est du Pacifique des eaux de la « warming pool » (immense réservoir d’eau chaude à l’ouest du Pacifique).
Alors qu’on s’attendait au développement d’un fort El Niño, ces eaux chaudes ont continué leur chemin vers le nord du Pacifique, faisant avorter l’épisode en question (ce dernier se réamorçant légèrement en fin de période)
La puissance du phénomène a été exceptionnelle (du moins en termes de conséquences sur les SST) mais il est encore trop tôt pour dire s’il s’agit des prémisses d’une phase positive de PDO démarrant en fanfare, ou d’un phénomène fugitif, un blip comme ils disent, ou de quelque chose de nouveau.

Aucun des auteurs n’explique pourquoi les eaux se sont ainsi répandues vers le nord au lieu de « stagner » d’avantage à l’est provoquant ainsi un fort El Niño, mais si c’est bien la phase chaude de la PDO (ou de l’IPO) qui commence, alors on peut affirmer que le hiatus a de fortes chances d’être terminé.

Une des conclusions que je tire personnellement est que cette PDO semble prendre, aux yeux des scientifiques, une importance bien plus élevée que celle qu’on suspectait auparavant.

En effet, si on admet que le hiatus était un plateau (ce qui n’est pas évident), la PDO serait responsable entre ses deux phases de près de 0.2 à 0.3°C, soit l’équivalent d’un peu moins de deux décennies de réchauffement anthropique, tel que calculé par les modèles
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