trois blips

Nous appelons « blip » toute anomalie d’importance se superposant à l’évolution linéaire supposée du climat.

Nous avons déjà dit que l’El Niño de 2015-2016, que nous nommerons 15, était très fort et expliquait l’anomalie de température globale également très forte de ces 3 dernières années.

Il est intéressant de le comparer au fameux El Niño 97-98 (98) mais aussi à un évènement survenu au tout début des années 1940.

Cet blip (40), évoqué de façon très discrète par le mainstream, a de quoi surprendre par rapport aux deux autres.

Voyons tout d’abord la méthode utilisée pour comparer ces blips.

C’est simple: pour chaque anomalie globale, on enlève le trend linéaire des 30 années (sensées représenter l’évolution linéaire du climat) précédant la première année du blip.

Ah oui, important, on utilise l’anomalie de SST (température de surface des océans) globale issue de la base de la NOAA par rapport à 1981-2010.

L’utilisation des SST se justifie par le fait que les évènements sont avant tout océaniques, que la surface des océans en terme de chaleur est bien plus représentative que les terres et qu’elle couvre 70% du globe, que le signal est plus pur, la variabilité annuelle des terres étant plus importante que celle des SST.

Ci-dessous l’ensemble de l’anomalie des SST de 1880 à 2017 avec le pointage des blips comparés.

 

Ci-dessous la comparaison des blips (anomalies détrendées)

 

Comme on le constate à l’évidence, le blip 40 écrase ses concurrents 15 et 98 de très loin (ceci dit le blip 15 n’est peut-être pas terminé et pourrait rebondir à l’instar du 40)

Si on intègre les forces en °C.an, en ne retenant que les anomalies positives, cela donne les résultats suivants (avec les forces relatives en équivalent 98):

 

blip      force (°C.an)    force relative (unité =98)

40        1.82                   8.14

15        0.50                   2.23

98        0.22                  1

 

Le blip 40 est  8 fois plus fort que le 98 et environ 4 fois plus fort que le 15.

Le 15 est 2 fois plus fort que le 98.

 


discussion

Ces résultats doivent être considérés avec précaution quand on sait les atermoiements des climatologues concernant les mesures des SST.

Néanmoins, si on les considère comme valables, on peut tirer quelques enseignements importants.

Le blip 15, le plus récent, étant bien supérieur au précédent, le blip 98, explique le changement important de la tendance linéaire du réchauffement depuis 30 ans.

Certaines explications douteuses et partiales, de mon point de vue, imputent comme cause au blip 15, le réchauffement climatique par GES.

En admettant cette imputation, quid alors de l’explication du blip 40, quatre fois supérieur au 15 alors que le réchauffement anthropique était à l’époque trois fois plus faible que pour le 15?

La disproportion entre les deux évènements atteint le chiffre faramineux de 12 (4*3)

Comment expliquer cela?

Non, le blip des années 1940 vient anéantir complètement la cause anthropique pour le 15, le plus récent donc, sauf si l’année 2018 nous réserve des surprises.

Il est à noter de plus que la tendance linéaire des 30 années incluant les blips 40 et 15, jusqu’à leur maximum, est de 0.13°C/décennie pour le 40 et de 0.13°C/décennie également pour le 15 alors que le forçage anthropique est 3 fois plus fort.

D’où l’influence évidente de la variabilité sur cette tendance.

Bon, à mon avis, le blip 40, bien trop inconvenant, va bientôt être soit supprimé, soit très fortement réduit.

EDIT: en y regardant de plus près, le fameux blip 40 est décidément très bizarre.

En effet, il aurait du y avoir une phase Niño extrêmement puissante et longue si elle en était la cause.

Or là, s’il y a bien eu un épisode Niño celui-ci semble plutôt avoir été de force moyenne et pendant une période certes assez longue (1.5 ans environ) mais rien qui justifie une hausse aussi importante des SST.

La cause est donc à rechercher ailleurs…

 

EDIT: oui la base NOAA est bizarre, du moins pour la période du blip 40.

Si on regarde la base Hadley, c’est bien différent:

Le blip a presque disparu…

 

 

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2 commentaires pour trois blips

  1. Cet article me remet en mémoire un événement peu connu de la seconde guerre mondiale, c’est à dire la présence de corsaires Allemand (bateaux de guerre camouflésen innocents navires marchands) qui ont écumé l’océan Indien et le Pacifique. Trois d’entre eux (l’Atlantis, le Komet et le Pinguin) relâchaient régulièrement à Kerguelen, la France entretien d’ailleurs la tombe d’un marin qui y est mort accidentellement. Ces corsaires, partis d’Allemagne sont parvenus dans le Pacifique en passant par le Passage du Nord-Est en un seul été ce qui prouve que la surface de la banquise Arctique a été suffisamment réduite en 1940 pour permettre ce transit, réduction qui résulte très probablement d’un effet du blip40 dont il est question dans votre article.

  2. Ping : indicateurs climatiques de janvier 2018 | climat-evolution

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