Sensibilité climatique plus forte: une fake news?

La sensibilité climatique se définit comme l’augmentation de température de surface à la suite d’un doublement de la teneur en CO2 dans l’atmosphère.

Cette sensibilité est de 3.2°C pour la moyenne des modèles.

Récemment une étude, Brown et Caldeira 2017, indiquait que, finalement (oh surprise!!), ce serait les modèles à plus haute sensibilité qui seraient d’avantage dans la réalité que les autres.

Ainsi, la sensibilité climatique utilisée pour prévoir la température future, ne serait plus 3.2°C, mais 3.7°C (15% de plus en fait).

Je vous laisse consulter les réponses, ici et ici, d’un des rares contradicteurs de cette étude: Nic Lewis.

Bon je ne trancherai pas ici, mais je trouve la méthode de Brown et Caldeira très contestable.

En effet, se baser sur la réponse (mesurée de façon très imprécise) du flux radiatif TOA aux variations saisonnières pour sélectionner les meilleurs modèles, ne bénéficie d’aucune démonstration mathématique, à ma connaissance.

Enfin bref, je mets tout de même mon grain de sel, mais en envisageant plutôt le comportement à long terme du système climatique tel qu’il est observé par rapport à ma propre simulation.

J’utilise pour ce faire deux « observations », la chaleur captée par le système et la température de surface.

Pour ma simulation d’abord, en utilisant une sensibilité de 2.5°C, je calcule une élévation de température sur les 30 dernières années de 0.185°C par décennie, en phase avec ce qui est mesuré par l’organisme le plus « chaud », NASA-GISS, 0.185°C également.

Concernant l’estimation de la chaleur captée par le système, je dispose de l’évaluation de Johnson, Lyman, Loeb, de 2016.

Malheureusement cette évaluation n’est plus disponible en ligne mais je cite le passage intéressant:

« Here, we update our calculations (Figure 1), and find a net heat uptake of 0.71±0.10 W m-2 from 2005.5–2015.5 (with 0.61±0.09 W m-2 taken up by the ocean from 0–1800 m; 0.07±0.04 W m-2 by the deeper ocean4; and 0.03±0.01 W m-2 by melting ice,
warming land, and a warming and moister atmosphere. »

Le chiffre intéressant est 0.71W/m2 de flux (absorbé par le système) de mi-2005 à mi-2015.

Pour ma part, avec mon modèle à 2.5°C, je trouve 0.89W/m2 de flux moyen.

Si on fait une petite règle de trois, un flux de 0.61 à 0.81W/m2 ferait apparaître une sensibilité climatique de 2.0 à 2.33°C.

2.16 °C en moyenne, soit bien plus faible que les 3.7°C de Brown et Caldeira.

Notons que le même Nic Lewis a fortement remis en question, chez Judith Curry, la valeur du forçage indirect des aérosols, trop forte selon lui (en valeur absolue).

(Bien sûr tout cela émane de sites dits climato-sceptiques mais ce n’est pas une raison pour ne pas les citer, de mon point de vue s’entend)

Ce forçage étant négatif, cela voudrait dire que le forçage total s’exerçant sur le système climatique serait plus fort qu’annoncé.

Je crois que d’autres études vont dans ce sens, mais je ne les ai pas sous la main tout de suite.

En conséquence la sensibilité serait encore plus faible qu’évalué plus haut et une valeur aussi basse que 1.5°C serait dans le domaine du possible.

Bien sûr c’est encore beaucoup trop mais tout cela pour dire qu’il ne me semble pas que les valeurs hautes de la sensibilité soient vraisemblables.

A suivre…

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