Nouveaux modèles climatiques (CMIP6) du CNRM et de l’IPSL

Ainsi donc les deux organismes français constructeurs de modèles climatiques, j’ai nommé le CNRM et l’IPSL, ont frappé un grand coup.

Avec force conférences de presse et articles dans les médias, ils ont annoncé les résultats spectaculaires de leurs nouveaux modèles CMIP6 (remplaçant les CMIP5).

Et, comme on pouvait s’y attendre, ces résultats ne sont pas bons.

En effet la sensibilité climatique, paramètre qui décrit l’augmentation de température globale suite à un doublement de la teneur en CO2, a sérieusement été boostée.

Pour l’IPSL qui avait déjà une sensibilité pour les CMIP5 de 4.1°C, on est passé à 4.8°C.

Mais pour le CNRM qui avait une sensibilité « raisonnable » de 3.3°C, on est passé, carrément, à 4.9°C.

Ces sensibilités élevées mènent à des températures en 2100, très très élevées dans le cas du scénario le plus sévère RCP8.5 (ou SSP 8.5 ?).

On arrive à des températures globales de l’ordre de 6 à 7°C supérieure à la moyenne 1850-1899.

Donc 5 à 6°C par rapport à la température actuelle.

Voir les graphes ci-dessous :

Cependant, selon les modélisateurs :

« Les raisons de cette plus grande sensibilité et son impact sur les projections ne sont néanmoins pas encore très clairs. »

C’est quand même dommage qu’on sorte des résultats sans connaître le pourquoi de ce qui a changé.

On peut considérer que, quelque part, c’est un peu précipité même si, certainement, il y a quelque travail derrière tout cela.

Toutefois, ils sont dans l’air du temps.

En effet, le réchauffement climatique c’est toujours plus.

Des observations de température toujours revues à la hausse, et des modèles, qui, génération après génération, prévoient toujours plus de réchauffement futur.

Je me faisais la réflexion que, lorsqu’on se trompe, on peut se tromper dans un sens comme dans l’autre.

Mais non, dans ce qui nous occupe, on se trompe toujours par défaut.

Enfin, il y a peut-être des raisons objectives, mais on aimerait bien les connaître.

Dans un prochain article  j’exposerai à nouveau les résultats du modèle climat-evolution (légèrement remanié) mais je ne prétendrai nullement qu’il représente la vérité, évidemment.

lien:

Paris,17/09/2019 Conférence de presse Changement climatique : les résultats des nouvelles simulations françaises

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indicateurs climatiques d’octobre 2019

édition du 03/11/2019

mois entier

L’anomalie de température globale, selon NCEP, et par rapport à 1981-2010, s’élève à 0.68°C.

Dans le détail:

HN: 1.02°C

HS: 0.35°C

Arctique: 3.35°C

Tropiques: 0.27°C

Antarctique: 1.67°C

Anomalie sans les régions polaires :0.47°C

L’anomalie globale n’a fait qu’augmenter tout au long du mois même sans les régions polaires qui n’ont pourtant pas été en reste.

Ceci dit, sans ces dernières, on arrive à 0.47°C soit exactement la même valeur que la simulation « climat-evolution » (CE).

Par contre la moyenne des régions polaires est de 2.56°C, ce qui est absolument considérable et inexpliqué.

Pour les mois prochains, il devrait y avoir peu d’évolution car l’ENSO est prévu rester neutre et le tout début novembre confirme la fin octobre, peut-être en pire.

 

 

 

 

 

situation au 23/10/2019

L’anomalie de température globale, selon NCEP, et par rapport à 1981-2010, s’élève à 0.65°C.

Dans le détail:

HN: 1.00°C

HS: 0.30°C

Arctique: 3.18°C

Tropiques: 0.26°C

Antarctique: 1.21°C

Anomalie sans les régions polaires :0.46°C

 

 

 

 

 

 

situation au 16/10/2019

L’anomalie de température globale, selon NCEP, et par rapport à 1981-2010, s’élève à 0.60°C.

Dans le détail:

HN: 0.95°C

HS: 0.25°C

Arctique: 3.26°C

Tropiques: 0.23°C

Antarctique: 0.69°C

Anomalie sans les régions polaires :0.42°C

 

 

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indicateurs climatiques de janvier à septembre 2019.

 

Au cours de cette période, l’anomalie de température globale s’est élevée, selon NCEP, à 0.54°C en moyenne par rapport à la normale 1981-2010.

Ma propre simulation (CE) donne 0.47°C.

La forte anomalie des régions polaires explique en grande partie cette différence.

En effet, sans ces régions, l’anomalie NCEP est de 0.44°C, beaucoup plus proche du 0.47°(CE).

On peut imaginer plusieurs causes.

1-le calcul lui-même de l’anomalie par réanalyse.

2-le résidu de l’onde chaude issue de l’évènement de 2014-15-16 dans le Pacifique équatorial.

3-l’amplification arctique du réchauffement global.

La base de données NASA-GISS qui constitue la seule base de données de température prenant en compte l’ensemble du globe, donne une anomalie globale de 0.52°C plus proche encore du 0.47°C CE.

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indicateurs climatiques de janvier 2019

Avec une anomalie globale de 0.34°C selon NCEP, janvier 2019 est en 3ème position des mois de janvier les plus chauds depuis 1948.

Il est cependant très loin de janvier 2016 (0.71°C) et finalement pas si loin de 2010 (0.33°C).

Dans le détail:

HN:0.48°C

HS:0.19°C

Arctique:0.36°C

Tropiques:0.44°C

Antarctique:-1.0°C

L’évolution depuis 2014 (vs l’évolution simulée et projetée par CE):

Pour le futur immédiat pas d’évolution notable prévue, suite à une prévision ENSO dans les mêmes eaux qu’actuellement.

 

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Shutdown…

Pas d’indicateurs climatiques en ce moment suite au shutdown, résultat de la guéguerre entre Trump et le congrès américain.

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prévisions de température globale de 2019 à 2030

C’est un exercice risqué auquel je me livre, mais j’ai suffisamment confiance dans mon modèle pour que je me lance.

J’ai apporté quelques changements aux données que je rentre dans le modèle.

Concernant les forçages, je considère maintenant qu’ils seront voisins du scénario RCP 6.0, le RCP 8.5 que je considérais auparavant étant un peu au dessus de la « réalité » observée (notamment en ce qui concerne les émissions) et je fais le pari que l’influence des différentes COP va finir par ce faire sentir.

Concernant l’ENSO ( les Niño et les Niña) j’ai jugé très improbable les prévisions actuelles des modèles pour l’année 2019.

En effet, l’évènement énorme de 2014-2015-2016 devrait, si on examine les statistiques voir arriver une période de refroidissement dans cette zone.

C’est pourquoi j’ai considéré que le scénario de l’après 1998 devrait se reproduire après et au cours de 2019.

Dans ces conditions, les anomalies seraient de:

  • 2019:0.45°C
  • 2020:0.32°C
  • 2021:0.26°C
  • 2022:0.32°C
  • 2023:0.42°C
  • 2024:0.58°C
  • 2025:0.57°C
  • 2026:0.61°C
  • 2027:0.55°C
  • 2028:0.59°C
  • 2029:0.48°C
  • 2030:0.48°C

Il faudrait attendre 2024 pour dépasser le record de température de 2016 (0.55°C CE) et le nouveau record s’établirait à 0.61°C en 2026.

Le graphe ci dessous, montre cette évolution, les observations NASA-GISS de 1979 à 2018 corroborant presque parfaitement la justesse du modèle CE:

On notera que la tendance linéaire s’affaiblit à 0.16°C/décennie de 1979 à 2030.

Pour mémoire les prévisions du Hadley Center établies en janvier 2018:

Elles courent jusqu’en 2022 et ne présentent absolument pas la même évolution.

On se demande d’ailleurs comment il est possible de prédire un épisode El Niño beaucoup plus fort que le 2015-2016 à aussi peu d’intervalle.

Ne serait-ce pas, disons, un peu alarmiste?

Enfin on verra qui a raison…

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évolution de la température globale de 1979 à 2018

Ci dessous le graphique montrant l’évolution de l’anomalie globale de température, selon les observations et réanalyse d’une part (en bleu) et selon le modèle (maison) climat evolution (CE) (en orange) d’autre part.

Toutes les anomalies sont calculées par rapport à la moyenne 1981-2010.

Pour la courbe en bleu il s’agit de la moyenne entre NASA-GISS, Hadley selon Cowtan and Way (modifiée par kriging) et la réanalyse NCEP/NCAR.


Hormis la moindre variabilité de la courbe CE, cette dernière semble bien correspondre aux « observations ».Néanmoins la régression linéaire de CE, 0.196°C/décennie, est supérieure à celle « observée », 0.181°C/décennie.

La sensibilité climatique utilisée dans CE est de 2.5°C.

Elle donne une température de surface qui croît un peu plus vite que dans la « réalité » d’autant que le flux de chauffage ou bilan radiatif TOA de 2005 à 2015 est également supérieur pour CE, 0.81W/m2, que la partie médiane des observations selon Loeb et al 2017, 0.71W/m2.

On pourrait donc en conclure, un peu rapidement et sans que ce soit une certitude bien sûr, que la sensibilité climatique « réelle » se situerait plutôt entre 2 et 2.5°C.

Pour l’année 2018, CE donne une anomalie globale de 0.45°C alors que, pour le moment, celle observée (jusqu’à octobre pour Hadley et novembre pour NASA et NCEP) est de 0.39°C.

Il se confirme que 2018 sera très probablement la 4ème année la plus chaude de l’Histoire moderne.

Nota: je n’ai pas fait figurer les analyses satellitaires de la basse troposphère pour deux raisons.

1: il ne s’agit pas des mêmes milieux (comment comparer la température à 2m et à une altitude moyenne d’environ 3000m?).

2: il y a beaucoup trop de différence  entre les deux bases de données existantes, RSS et UAH

PS: concernant l’évolution RSS qui serait, d’après un commentaire, plus « plate » que l’évolution de la température de surface, ce graphique montre qu’il n’en n’est rien:

Avec 0.197°C/décennie on est bien supérieur à 0.181°C/décennie indiqué plus haut.

Par contre UAH, avec 0.13°C/décennie, soit 34% de moins qu’ UAH, est effectivement plus « plate », mais qu’ils se mettent d’accord entre eux, avant qu’on puisse publier leurs résultats.

Il y a suffisamment d’incertitude, de controverses, et de parti pris dans ce domaine, pour qu’on en rajoute.

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