La Terre se réchauffe de plus en plus (fort*), vraiment ?

Si on applique un forçage radiatif sur un objet, les caractéristiques thermiques de cet objet en sont, naturellement, affectées.

Pour une planète, supposée en équilibre thermique initial, l’application d’un forçage fait varier sa température.

Une partie de l’énergie est renvoyée vers l’espace tandis que l’autre est absorbée par le système climatique jusqu’à atteindre un nouvel état d’équilibre.

Dans le cas de la Terre, composée de 70% d’océans, on peut considérer que la fraction absorbée est de 90%.

Ceci correspond à un flux de chauffage qui varie, plus ou moins, au cours du temps.

Mais comment évolue ce flux ?

Dans ce cadre, une étude récente de Loeb and co, l’évalue de deux manières différentes.

La première par satellite en mesurant les flux TOA ( Top of Atmosphere) tant en rayonnement visible qu’en infrarouge.

La seconde, in situ, principalement par la mesure de la chaleur captée par les 2000 premiers mètres d’océan et en ajoutant les estimations de chaleur de l’océan plus profond, de chaleur captée par la fonte des glaces, par l’atmosphère, etc.

Le résultat de l’étude indique que le flux de chauffage, de 2005 à 2019, augmenterait significativement que ce soit par mesure directe des flux TOA et par mesure in situ.

voici la courbe de l’étude du flux radiatif:

Critique

Concernant la mesure des flux radiatifs TOA, c’est toujours le même problème de la précision des mesures et de l’erreur résultante.

Comment, en effet, donner des résultats à 0.1W/m2 près, alors que les mesures sont réalisées lors de milliers d’orbites satellitaires sur plusieurs longueurs d’onde, et surtout en mesurant des flux de plusieurs centaines de w/m2.

Cela fait une erreur d’environ 1 pour mille, ce que n’importe quel scientifique objectif ne peut admettre facilement.

Concernant la mesure in situ, j’ai calculé, à partir des données NODC (NOAA), le flux de chauffage océanique par différence de chaleur moyenne annuelle divisée par la durée en secondes et la superficie terrestre. Puis j’ai ajouté à chaque valeur le reste R, minoritaire, estimé par Loeb.

La courbe d’évolution du flux global est significativement différente de la courbe ci-dessus et donne même une tendance inverse.

La différence provient principalement, à mon sens, d’un « retravail » (dont je ne remets pas en cause l’honnêteté) des données océaniques par Loeb, il est sans doute spécialiste de ce genre de chose, mais ceci n’explique pas le désaccord en tout début de courbe.

Elle provient aussi du fait que j’ai utilisé les données de l’année 2020, en stagnation relative par rapport à 2019.

De plus je n’explique pas le lissage des données de Loeb.

Bref, cette étude de Loeb me semble ne pas correspondre aux données dont je dispose.

Si j’en apprends d’avantage j’en ferai part ici.

(*) « la Terre se réchauffe de plus en plus », oui, mais pas de plus en plus fort, du moins ce n’est pas prouvé par Loeb.

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2 commentaires pour La Terre se réchauffe de plus en plus (fort*), vraiment ?

  1. Emmanuel Vilmin dit :

    Merci pour cet article très intéressant ! Les points de vues qui recherche sincèrement l’objectivité sont rares !…
    Pouvez-vous m’indiquer plus précisément la source des données ? J’ai regardé sur le site de la NOAA, mais il est un peu difficile de s’y retrouver…

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