risque fort de dépasser 3°C à la fin du 21ème siècle

Selon cette étude parue dans Nature climate change, il n’y aurait que 5% de chances de rester en dessous de 2°C d’augmentation de température depuis l’ère préindustrielle.

Abstract

« Les projections du Groupe intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC) récemment publiées, donnent des fourchettes probables d’augmentation de la température mondiale en 2100 dans quatre scénarios pour la population, la croissance économique et l’utilisation du carbone.

Toutefois, ces projections ne reposent pas sur une approche entièrement statistique. Nous utilisons ici une version spécifique de l’identité de Kaya pour élaborer une prévision probabiliste statistiquement basée sur les émissions de CO2 et le changement de température en 2100.

En utilisant les données pour 1960-2010, y compris les projections démographiques probabilistes de l’ONU pour tous les pays, nous développons un modèle hiérarchique bayésien conjoint pour le produit intérieur brut (PIB) par habitant et l’intensité du carbone. Nous constatons que l’intervalle de 90% pour les émissions cumulatives de CO2 comprend les deux scénarios intermédiaires du GIEC, mais pas les extrêmes.

La gamme probable d’augmentation de la température à l’échelle mondiale est de 2,0 à 4,9°C, avec une médiane de 3,2°C et une probabilité de 5% (1%) qu’elle soit inférieure à 2°C (1,5 ° C). La croissance de la population n’est pas un facteur majeur. Notre modèle n’est pas un scénario «Business As Usual», mais plutôt basé sur des données qui montrent déjà l’effet des politiques d’atténuation des émissions. Pour atteindre le but d’un réchauffement inférieur à 1,5 ° C, l’intensité du carbone devrait diminuer beaucoup plus rapidement que dans le passé récent. »

 

Voilà, on s’en doutait bien sûr mais cette étude étaye, scientifiquement, nos doutes concernant la réalisation de cet objectif des 2°C.

Les auteurs n’ont pas utilisé un scénario BAU mais intégré des efforts d’atténuation des émissions de GES.

On peut en tirer la conclusion que, si on se contente d’accords type COP21, on aura de « bonnes chances » de finir le siècle à plus de 3°C

On peut donc continuer à faire l’autruche auto satisfaite (et savante) en se contentant  de demi mesures pour éviter de monter trop haut.

Ou alors se lancer, comme préconisé souvent ici, dans des opérations de géo ingénierie à grande échelle.

A condition aussi d’un effort décuplé dans le domaine nucléaire (au sens large c’est à dire incluant des énergies « nouvelles ») afin de se passer enfin des carburants fossiles à des fins énergétiques.

On prend, actuellement, le chemin inverse.

On développe les énergies renouvelables basées sur l’énergie solaire en occultant le fait qu’elles sont par nature intermittentes et qu’elles doivent être soutenues par des centrales à charbon comme en Allemagne, en Chine ou en Inde.

Et, un peu partout, on réduit la part du nucléaire en omettant que cette industrie a besoin d’un effet de masse pour se développer et même simplement perdurer.En agissant de la sorte on la fragilise et on favorise ainsi, involontairement,les accidents.

Mais restons confiants, actuellement la géo ingénierie est décriée, comme une atteinte intolérable à la nature, comme contraire à l’éthique.

Comme si l’éthique à la mode consistait à accepter de dépasser 3°C en 2100…

Non, la géo ingénierie, un jour ou l’autre, s’imposera comme la seule solution pour réellement stabiliser le climat pendant les quelques siècles où notre « trace fossile » subsistera.

 

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7 commentaires pour risque fort de dépasser 3°C à la fin du 21ème siècle

  1. Moranne dit :

    J’aimerais savoir combien l’auteur de cette brillante étude a touché comme financement pour faire 2 règles de 3 en cascade (probablement revues par des pairs), qui prouvent qu’il est probable que l’homme émettra plus de CO2 (on est quand même au conditionnel), et qui en déduit, sans aucune justification, l’impact que ça aura sur la température. Ca s’appelle faire du buzz.

  2. Phil dit :

    Bizarre ce fantasme basés sur la géo ingénierie.
    Le mythe prométhéen a encore de beau reste auprès des scientifiques qui vénèrent notre thermocivilisation.
    Croyez vous vraiment que jouer à l’apprentie sorcier en poursuivant cet hubris va résoudre cet enjeu climatique?
    Pensez vous que nous aurons toujours autant de matières premières « à extraire à pas cher » pour ne pas remettre en question notre modèle de développement alors même qu’en ce début août nous avons déjà cramé ce que notre planète peut produire?
    L’idée même de rendre notre civilisation beaucoup plus sobre et plus équitable vous fait tant peur?
    Revenons sur Terre comme disaient à juste titre nos anciens avec toute la sagesse qu’il faut pour ne pas nous laisser berner par des solutions du « toujours plus » qui immanquablement va nous conduire au toujours moins.
    A vous lire quand même avec toujours autant de plaisir

  3. meteor31 dit :

    ne pas se méprendre.
    c’est parce qu’on est persuadé qu’on n’arrivera pas à être sobre et à baisser notre consommation de fossiles suffisamment qu’on préconise la géo-ingénierie.

  4. Robert dit :

    météor31

    la géo-ingénierie fantasme ou pas ne réglera pas le problème -on ne peut pas lutter contre la montée des océans et là on est parti pour des siècles… Je plains sincèrement les générations futures car tout va dépendre de leur capacité d’adaptation mais ça ne se fera pas sans casse, ça c’est certain..

    • meteor31 dit :

      La GI, physiquement et théoriquement, ce n’est pas plus un fantasme que la baisse des GES jusqu’à zéro, ou quasiment.
      Je dirais même que ça l’est moins.
      De plus elle règle également le niveau des océans, elle le stabilise ou le fait baisser, si on pousse un peu.
      Il faut d’abord agir sur la radiation solaire et, sur le plus long terme, sur l’absorption du CO2.

      Mais y a t-il assez d’intelligence collective pour mettre en pratique des solutions multiples (GI+baisse des émissions)?
      On a des raisons de fortement en douter.

      • Robert dit :

        La GI ne prend pas en compte son impact sur la biosphère or diminuer la quantité de rayonnement arrivant sur terre pour contrecarrer l’augmentation des GES aura des conséquences négatives sur le vivant.

        Ne jamais oublier qu’une médaille a deux faces et qu’une action a une réaction.

        • meteor31 dit :

          Mais le RC n’a pas d’impact sur le vivant, lui?
          En plus, l’impact sur le vivant d’une baisse de 2% du rayonnement solaire, hum!
          Figure toi que le rayonnement solaire dans le nord de la France est 13% plus faible que dans le sud de la France (au zénith) et je ne vois guère le vivant du nord se porter plus mal que le vivant du sud.
          Un des vrais inconvénients de la SRM est une diminution des précipitations par diminution de l’évaporation.
          C’est à comparer à l’assèchement provoqué par l’augmentation de la température non compensé par les précipitations dans certaines régions.

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