de la fiabilité des modèles de prévision de l’ENSO

L’ENSO (El Niño Southern Oscillation) est le phénomène le plus important qui influence  la variabilité climatique annuelle (à raison de 75% environ).

On l’a vu récemment avec l’épisode Niño 2015/2016 qui a fait bondir l’anomalie annuelle de plus de 0.2°C.

Sans compter les variations régionales bien plus fortes en terme de température et de précipitations.

En conséquence, la prévision de ce phénomène revêt une importance considérable.

Le moins qu’on puisse dire est que les modèles numériques utilisés, pour prédire telle ou telle phase de cette oscillation, et son amplitude, sont encore assez loin d’être au point, en particulier lorsque leur initialisation a lieu au printemps.

En témoignent ces deux graphiques issus du bureau australien de météorologie (BoM), à seulement deux mois d’intervalle, pour prévoir, par exemple, l’état de l’ENSO en juillet 2017.

Tout d’abord celui du 16 avril qui prévoyait (moyenne des modèles) un léger Niño:

 

puis celui du 16 juin 2017 qui ne prévoit plus qu’une situation neutre:

 

Sans parler du résultat de certains modèles individuels, comme celui du BoM par exemple, ou l’écart d’indice est de l’ordre de -1°C entre prévisions de juin et d’avril.

Ce fait est connu et constitue en quelque sorte une piqure de rappel pour ceux qui ont une trop grande foi dans les modèles de prévisions à moyen terme.

Pourtant, si on revient à l’ENSO et si on écoute les experts, ce phénomène est parmi les plus connus.

Néanmoins les variables qui influent sur une mécanique qui fait intervenir les océans et l’atmosphère semblent trop nombreuses pour que les modèles actuels soient capables de nous pondre une prévision fiable.

Il en est de même pour les modèles de prévision saisonnière qui ont un taux de réussite aussi bon qu’un simple jet de dés.

Ceci veut donc dire qu’on ne sait pas prévoir ce qui semble comporter une certaine dose de chaos.

Je dis bien « semble » car comment déceler ce qui relève du vrai chaos, au sens mathématique du terme, de ce qui peut être déterminé par un certain nombre de paramètres?

Mais tout ceci peut-il nous faire douter de l’inéluctabilité du réchauffement climatique d’origine anthropique?

Probablement pas, mais en tout cas, de son amplitude et de son déroulement, peut-être.

Le climat est chaotique, certes, mais pas au point de nous faire hésiter une seconde sur le fait qu’en Europe, il fait nettement plus froid en hiver qu’en été, ou même, plus trivialement, que si on chauffe de l’eau, il est assez rare, hum, qu’elle gèle…

 

 

 

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