Godzilla, le Blob, et le hiatus

Nous subissons actuellement deux évènements climatiques de grand ampleur.
Le premier est connu, c’est le fameux El Niño que certains ont surnommé Godzilla en raison de ses caractéristiques hors normes.

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godzilla

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Seul l’épisode de 1997/1998 le surclasse encore pour l’instant.
Le deuxième, le blob, est nettement moins bien connu.
Il s’agit d’un réchauffement intense des eaux du Pacifique nord-est.
Ce phénomène n’a jamais été mesuré avec une telle amplitude.
Aussi, en raison de son caractère monstrueux, à l’origine pas encore très bien établie (voir Bond), il a été surnommé « The Blob » en référence à un film de science fiction américain de 1958.

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blob

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Quant au hiatus, les lecteurs de ce blog connaissent déjà.
Pour les autres il s’agit d’une période de 17 ans (de 1998 jusqu’à maintenant) où le réchauffement climatique semble faire une pause.
Ce hiatus a été mis à mal récemment par les efforts conjugués de certains chercheurs et organismes officiels de recueil de données.
Nous connaissons en outre depuis 2014 une poussée de température globale que je qualifierai d’anormale étant donné la progressivité supposée du réchauffement climatique engendré par les gaz à effet de serre.
La conjugaison de cette poussée de fièvre avec Godzilla et le Blob m’a amené à me poser des questions quant à la responsabilité de ces deux derniers.

godzilla blob ncep aug-sept
Dans ce qui va suivre j’ai cherché à établir des corrélations entre les SST et ces deux évènements pris séparément puis j’ai calculé une température océanique corrigée.
La période de corrélation utilisée est de 2009 à 2015 et afin d’éviter un biais dans la méthode j’ai utilisé les données détrendées du réchauffement climatique.

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1- corrélation anomalie globale des SST et El Nino.

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corré godzilla copie

 

On obtient un coefficient de 0.0827 entre SST globale et indice Niño34 avec un bon coefficient de corrélation.
On rappelle que toutes les données sont détrendées de la tendance linéaire de réchauffement global des SST (prise dans ce cas à 0.1°C/décennie, mais le résultat est assez peu sensible à la valeur choisie de RC)

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2- corrélation anomalie globale des SST et le Blob

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corré blob copie

Bien que le coefficient de corrélation soit plus faible que pour l’ENSO, l’allure générale du nuage de points me semble plus révélatrice d’une corrélation pas trop mauvaise.

On obtient un coefficient de 0.1008 entre SST globale et le Blob.

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3- correction de la température globale des SST

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On suppose qu’il n’y a pas d’interactions entre Godzilla et le Blob et que les corrections sont additives.

SST corrigée

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Pour la période où on a calculé les corrélations, soit de 2009 à maintenant, la différence entre les SST brute et corrigée de ces deux influences saute aux yeux.

Pour fixer les idées, bien que sur une aussi courte période ce ne soit pas significatif, j’ai fait figurer les tendances linéaires.

On voit bien la poussée de fièvre actuelle sur les données brutes alors que pour les données corrigées, eh bien , on est encore en plein hiatus.

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conclusion

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Nous connaissons une période très chaude sur le plan global, et bien que les données NOAA des SST récemment revues à la hausse puissent être soumises à caution, c’est un fait indéniable.
Faut-il pour autant attribuer cette poussée de chaleur brutale au réchauffement climatique?
Ce n’est pas sûr du tout.
Evidemment si on considère l’effet Niño.
Concernant le Blob, ses origines restent mystérieuses et on a jamais observé un phénomène de cette ampleur.
Alors de deux choses l’une, ou il s’agit d’un épisode de variabilité naturelle du climat encore jamais vu et dans ce cas le hiatus est toujours d’actualité.
Ou il s’agit d’un phénomène initié par le réchauffement global et là on a beaucoup de souci à se faire car son ampleur, avec des anomalies de SST qui dépassent les 2°C, est énorme et sans doute dévastatrice s’il perdurait.
Les prochains mois vont être très importants et on suivra l’évolution de ces deux monstres dont il n’est pas certain qu’ils ne puissent pas s’auto catalyser et donner quelque chose de plus important encore.
On ne peut donc rien affirmer ni dans un sens , ni dans l’autre, et les gens (dont certains se disent scientifiques) qui dansent la gigue en affirmant que le hiatus est mort, ou pour parler plus scientifiquement, que le climat observé correspond bien aux modèles, devraient adopter un profil un peu plus bas.

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